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        La miséricorde dans la 1ère épître de Saint Jean

La miséricorde dans la 1ère épître de Saint Jean

topo d’octobre de l’abbé Loiseau pour les Témoins


Introduction générale

Cette année, nous étudions l’Ecriture, car elle est un puissant moyen d’évangélisation et nous permet de (re)découvrir l’Amour du Christ. C’est une parole qui est vie et qui permet de vivre un plus grand amour du Christ. Cette force de l’Ecriture conduit à des conversions spectaculaires. C’est ainsi que Sergei Kourdakov s’est converti, alors qu’il dirigeait une milice anti-chrétienne en URSS, touché par la parole de Dieu, comme il le raconte dans son livre Pardonne-moi Natacha.
Pour revenir rapidement sur ce que l’on a vu l’année dernière, la place des écritures est différente dans l’Islam et dans le Christianisme. Dans l’Islam, le Coran est la parole incréée d’Allah, elle est figée. A l’inverse, dans le Christianisme, la Bible est une parole vivante. Le rôle et la nature de l’Ecriture est résumé dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique sous l’article 3 : La Sainte Ecriture (paragraphe 101 et suivants). En résumé, l’Ecriture est l’autorévélation de Dieu aux hommes. La Révélation commence donc avec Adam et se termine à la mort du dernier apôtre : St Jean, dernier témoin vivant de la vie publique du Christ. La Révélation prend fin avec le Christ, car le mystère de l’Incarnation, de l’Amour qui prend chair est le centre de la Révélation et son sommet. Mais Dieu a voulu passer par des hommes qui nous transmettent ce que Dieu dit de Lui.

I. La Révélation

Toute la Révélation prend sa source dans le Christ, le Verbe fait chair. Et elle nous est transmise par deux moyens :
- > La Bible, qui est la parole écrite,
- > La Tradition, qui est la transmission orale de ce que Jésus a dit.
Les protestants rejettent la Tradition, pour ne garder que l’Ecriture : principe du Sola Scriptura. Les catholiques justifient la place de la Tradition par la dernière phrase de l’évangile de St Jean : « Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites. S’il fallait rapporter chacune d’elles, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait ainsi. ». On peut même dire que la Tradition précède l’écrit. En effet, le dépôt révélé par Jésus-Christ aux apôtres se transmet d’abord oralement avant d’être mis par écrit. La Tradition nous est connue par une assistance du Saint Esprit sur l’autorité de l’Eglise. Il y a un acte de foi à faire dans la Tradition, cet acte de foi fait partie de la vie de l’Eglise.

La Tradition nous est transmise par différents moyens :
- > les pères de l’Eglise,
- > la liturgie,
- > le sens commun des fidèles,
- > le Magistère qui va authentifier (enseignement du pape, ou des évêques unis au pape).
Le danger est soit de mélanger la Tradition avec la tradition, la deuxième étant liée aux rites liturgiques ; soit de ne reconnaitre que la Tradition, en rejetant les moyens de transmission.
Le concile Vatican II a rappelé que l’Ecriture et la Tradition sont distinctes, mais se complètent. Il faut avoir la parole orale + celle qui a été fixée par écrit. On trouve une réalité vivante dans les deux. L’Ecriture est importante dans la relation avec Dieu, tandis que la Tradition est vivante et a un développement homogène. Par exemple : la notion de « transsubstantiation » est un apport de la théologie de St Thomas d’Aquin. Ce mot a été choisi pour désigner une réalité, mais on n’en trouve trace ni dans l’Ecriture, ni dans les pères de l’Eglise. Autre exemple : en 325, le concile de Nicée rend compte de la divinité du Christ face à l’hérésie d’Arius. Pour Arius, Jésus-Christ est un homme, fils adoptif de Dieu. Le concile introduit un mot issu de la philosophie grecque ὁμοουσιος (homoousios), qui signifie de même substance, et qui donnera consubstantiel dans le Credo. Cela signifie que le Père et le Fils sont un même Dieu (la traduction moderne « de même nature » est donc inexacte pour désigner la réalité divine). Les chrétiens se mettent donc à prier avec un mot qui vient de la philosophie païenne.
La Tradition permet de mieux comprendre l’Ecriture et de l’actualiser toujours. Ce n’est pas l’un ou l’autre, ou l’un sans l’autre. La Tradition est fixée dans chaque concile dogmatique. A partir des citations de l’Ecriture « Je suis le pain vivant descendu du Ciel… », « Mon corps est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson », l’Eglise a défini la transsubstantiation.

II. L’inspiration

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique, au numéro 105, affirme que Dieu est le seul auteur de l’Ecriture Sainte, et qu’Il a inspiré ceux qui ont écrit. L’inspiration est donc un souffle divin qui va intervenir sur toutes les facultés de celui qui écrit, pour qu’il écrive comme Dieu veut, mais en le respectant dans sa nature humaine, sa culture… L’inspiration est donc un phénomène de médiation qui respecte la nature humaine.
A l’inverse, dans l’Islam, il n’y a pas de médiation, Muhammad reçoit de l’ange Djibril le livre, sans passer par Muhammad (qui est illettré). Le livre est donc sacré en lui-même, sans intermédiation, la parole est sacrée. Cette source de la parole explique donc une certaine violence dans l’Islam.
Dans la Bible, ce qui est important, sacré, c’est la lecture des textes. La Bible catholique est donc composée de 72 livres, rédigés par une cinquantaine d’auteurs, qui étaient des hommes de prière, mais pas toujours conscients que l’Esprit Saint parlait en eux. Le monde juif, puis l’Eglise reconnait le Canon des Ecritures. St Paul nous le rappelle, toute parole de l’Ecriture vient de l’Esprit Saint. Ainsi, l’inspiration est un dogme de foi.

La première épître de St Jean, étude du chapitre 1

Les épîtres de St Jean font parties des épîtres catholiques (i.e. universelles) avec celles de St Pierre, de St Jacques et de St Jude, mais elles n’ont pas été tout de suite reconnues. On s’aperçoit que c’est vraiment le même auteur que l’évangile de St Jean et en reprend les grands thèmes, bien que ces épîtres aient été écrites plus tardivement, dans le contexte de la lutte contre les premières hérésies :
- La gnose. Influencée par le paganisme. Le Salut passe par la connaissance et les idées, avec un côté ésotérique. Il existerait une lutte de l’esprit contre la chair, de l’âme contre le corps. Tout ce qui est trop terrestre, trop physique viendrait du diable. Cette hérésie émerge dans les années 50,
- Le judéo-christianisme. Veut bien reconnaitre que Jésus est le Messie, mais tout en continuant à respecter l’ensemble des commandements du Judaïsme.
Ces épîtres ont dû être écrites dans les années 60, après l’évangile de St Jean. (On a longtemps pensé que l’évangile de St Jean avait été écrit dans les années 90, les dernières recherches archéologiques montrent que c’est l’un des premiers écrits, qui date d’avant la destruction de Jérusalem en 70).

La première lettre de St Jean développe plusieurs thèmes :
 la lumière et les ténèbres,
 la vie, la manifestation de la vie,
 la joie
 la reconnaissance de son propre péché pour en être purifié

La première phrase de l’épître, « Ce qui était dès le commencement », renvoie à la fois au début du Prologue de St Jean « Au commencement était le Verbe » et au début de la Genèse « Au commencement, Dieu créa le Ciel et la Terre ». En latin : principium, en grec : ἀρχή (arkhê) ; c’est-à-dire le Commencement, le Principe. Ce qui est le Principe de tout, c’est Dieu. St Jean nous dit qu’en voyant le Christ, il a vu le Commencement. S’il était au point de départ, c’est que le Christ qu’il a vu est Dieu. St Jean nous fait également un témoignage. Il a été témoin, il a véritablement vu celui qui était en chair et en os. Il montre le lien entre le Dieu tout puissant et le corps de chair qu’il a pu voir.
St Jean nous parle ensuite du Verbe. Λόγος (Logos) = esprit, parole, discours, raison ; c’est un terme très général, qui est employé pour Dieu. Jésus-Christ ne s’est pas proclamé le Verbe, c’est St Jean qui va l’affirmer. C’est sous l’inspiration de l’Esprit Saint que St Jean dit que Jésus est le Verbe, Jésus ne le lui a jamais dit. Le Verbe est la pensée éternelle du Père. Attention à ne pas confondre πνεῦμα (pneuma), qui signifie souffle et désigne le Saint-Esprit et Λόγος (Logos), esprit en tant que raison, intelligence.

La communion
A partir du moment où St Jean nous annonce le mystère du Christ, nous sommes en communion les uns avec les autres. L’essentiel du Christianisme est donc une grâce qui rentre en nous, qui nous unit les uns aux autres. Par la prédication, la Parole entre en nous et permet de se réaliser en nous ce qui unit le Père et le Fils (« le Père et Moi, nous sommes uns » Jn 10, 30). Associés à ce mystère, nous pouvons tous vivre de cette communion. Dans l’Islam, on est dans la transcendance, l’idée de communion à Dieu est absente.

La joie
St Jean nous fait comprendre que l’annonce du mystère du Salut nous apporte une joie complète, car nous recevons la plénitude de la présence de Dieu. Rien dans le monde ne peut nous apporter une joie aussi complète, que celle de la présence de Dieu. Il nous faut demander à recevoir cette Joie, qui préfigure la Joie du Ciel. Cela nous renvoie aussi aux huit Béatitudes.

La lumière
La traduction en hébreu אור (tob) exprime aussi la bonté créatrice. La lumière est le symbole de la création et de la vie. La lumière renvoie donc à la vision d’un Dieu créateur, et aussi à la notion de bonté morale face au mal qui est la mort et les ténèbres. La vérité morale est liée à la vie. Jésus-Christ est la Lumière et a fait de nous des lumières. La lumière se propage et réchauffe. C’est la présence de Dieu qui va nous transformer. Dieu veut que les hommes marchent dans la Lumière. Mais comment garder les commandements de Dieu si nous n’avons pas quelque chose de sa nature ? Si nous ne marchons pas dans la lumière, nous introduisons quelque chose des ténèbres dans notre âme.
Pour marcher dans la Lumière, il nous faut accepter le sang du Christ. Le mystère du Christ nous purifie de nos péchés. La condition fondamentale pour être dans la Vérité est de reconnaitre notre péché. Le problème est que souvent nous nous faisons des illusions spirituelles. Nous devons demander au Seigneur de nous éclairer sur notre propre péché pour en sortir et aller dans la Lumière. C’est une clé fondamentale de la vie spirituelle. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous nous abusons et nous faisons du Christ un menteur.

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