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      Le sens de la mission à Toulon

Le sens de la mission à Toulon

Dans la ligne des grandes semaines de mission organisées dans des capitales européennes (Vienne, Paris, Bruxelles), Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, avait lancé il y a deux ans le projet d’une semaine d’évangélisation dans la ville de Toulon, animée par toutes les paroisses.


Le souci de la Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine d’être au service de la Nouvelle Evangélisation, ainsi que l’emplacement en plein centre ville de l’église Saint-François-de-Paule desservie par la communauté, ont mis la paroisse au cœur de ce projet.

La nécessité de l’Evangélisation

Loin d’être un désir personnel et original, l’initiative de Mgr Rey est donc la réponse à l’appel des papes. Le concile Vatican II avait rappelé que « de sa nature, l’Eglise, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire1 ». Dans l’esprit des pères conciliaires, il s’agissait de la mission vers les pays non encore évangélisés ou peu évangélisés. Mais la déchristianisation des pays d’ancienne chrétienté rend cette affirmation profondément valable pour ces pays, à commencer par la France, devenue terre de mission.
Paul VI, dans l’encyclique Evangelii Nuntiandi, et le Bx Jean-Paul II, dans Redemptoris Missio, ont prolongé cet appel, invitant l’Église à ne pas laisser l’évangélisation aux missionnaires dans les pays lointains. « Une conscience nouvelle s’affirme, à savoir que la mission concerne tous les chrétiens, tous les diocèses et toutes les paroisses, toutes les institutions et toutes les associations ecclésiales2 ». Benoit XVI a concrétisé l’appel de son prédécesseur à se lancer dans un processus de Nouvelle Evangélisation, en créant un nouveau dicastère à ce dessein.

Pourquoi une évangélisation directe ?

Mais qu’est-ce que l’évangélisation ? On peut percevoir, spécialement chez ceux qui prônent l’évangélisation, une tendance à identifier évangélisation et évangélisation directe. Il est cependant important de distinguer.
Toute évangélisation commence par le témoignage personnel de vie. « L’homme contemporain croit plus les témoins que les maitres, l’expérience que la doctrine, la vie et les faits que les théories3 ». « L’Evangile doit être proclamé d’abord par un témoignage4 ». Mais en s’appuyant sur ce point, un courant dans l’Église avait alors développé la théorie de levain dans la pâte, prétendant que le seul témoignage de vie au milieu de personnes non-croyantes pouvait suffire à évangéliser.
Mais « la foi vient de ce qu’on entend », dit saint Paul (Rm 10, 17). Voilà pourquoi il faut aussi une annonce directe. Le témoignage de vie est indispensable, la vie de prière est indispensable pour évangéliser mais « cela reste toujours insuffisant, car le plus beau témoignage se révélera à la longue impuissant s’il n’est pas éclairé, justifié - ce que Pierre appelait donner "les raisons de son espérance" (1P 3,15) - explicité par une annonce claire, sans équivoque, du Seigneur Jésus5 ». Cette annonce explicite doit se faire partout où notre vocation nous place. En famille, au travail, avec nos amis ou les personnes que le Seigneur place sur notre route. Mais pour prendre l’habitude d’une annonce explicite partout où nous sommes, il faut aussi des moments où nous faisons l’effort d’aller vers des gens que nous n’aurions pas rencontré autrement. Et c’est l’esprit de l’évangélisation de rue, de porte-à-porte…

Une semaine de visibilité de l’Église

Pendant une semaine, la grande majorité des paroissiens s’est donc mise à la mission, avec un désir dans le cœur : montrer le beau visage de l’Église et donc du Christ à tous qui ne le connaissent pas ou plus. Pour cela, trois points forts de la paroisse ont été utilisés :
1°/ son emplacement central, avec un stand présent en permanence devant l’église, des prédications publiques, un repas des voisins sur la place de l’église un soir, offert par la paroisse et qui a rassemblé 300 personnes. Le but était de toucher le plus d’habitants du quartier.
2°/ son souci de la beauté liturgique, avec des messes en rit maronite, gréco-catholique, ou dans la forme extraordinaire chanté en grégorien vieux-romain. Ou encore avec une exposition d’art sacré à la tribune de l’église, regroupant des œuvres d’artistes varois, deux concerts grégoriens.
3°/ la présence en son sein de nombreux jeunes enfants, avec un concert de Patrice Martineau l’après-midi devant l’église et une pièce de théâtre jouée par les enfants de primaire d’une école dont l’abbé Gillet assure l’aumônerie.
Cette semaine s’était ouverte par une procession dans les rues de Toulon, autour des reliques de sainte Marie-Madeleine conservées à la Sainte-Baume, et s’est finie par un grand repas convivial sur les plages de Toulon.

Les fruits de la mission

Que retenir de cette semaine de mission ? Quels fruits a-t-elle portés ? On peut les classer en deux catégories. L’évangélisation a d’abord touché, et c’était le but premier, les personnes qui n’auraient pas pris contact avec l’Église si l’Église n’était venue à eux. C’est le cas de cette femme kabyle qui se pose maintenant la question du baptême. C’est le cas de cette autre personne pas très pratiquante qui doit déménager et demande si l’on ne connait pas une église où elle pourrait retrouver la même énergie. C’est enfin un couple qui avait demandé le baptême de son fils, et qui a été touché par l’accueil chaleureux lors du dîner des voisins. Et l’on pourrait raconter des dizaines d’anecdotes de ce genre, sans parler des fruits cachés, que seul Dieu connait.
Mais les fruits les plus visibles se trouvent au sein de la paroisse. Les premiers évangélisés sont les évangélisateurs. Parce qu’évangéliser pousse à la conversion personnelle. Pour être convainquant dans l’annonce du Christ, il faut vivre ce que l’on annonce. Cela demande donc de s’unir plus étroitement à lui, et par conséquent grandir en sainteté. « Tout missionnaire n’est authentiquement missionnaire que s’il s’engage sur la voie de la sainteté : La sainteté est un fondement essentiel et une condition absolument irremplaçable pour l’accomplissement de la mission de salut de l’Église6 ».
On a pu aussi constater une croissance des liens paroissiaux, la mission ayant amené les uns et les autres à œuvrer ensemble pour un même but, et qui plus est un but surnaturel, ce qui a augmenté les liens de charité.
Enfin, et c’est un des enjeux des décennies à venir, cette mission a permis une coopération harmonieuse entre les prêtres et les laïcs. La mission est l’œuvre de l’Église toute entière. Et l’Église ne se réduit pas au clergé. L’Église est l’ensemble des fidèles unis au Christ, qui forment son corps mystique. Et au service de ce corps, le Christ a instauré le sacerdoce, lui donnant pouvoir de gouverner ce peuple. Annoncer l’Evangile n’est donc pas réservé aux prêtres ou religieux, mais est le devoir de tous. Seuls les pasteurs ont la fonction de donner l’élan à cette mission, de la guider. Mais elle ne peut reposer sur eux seuls. C’est peut-être cette prise de conscience qui est la grande grâce de cette mission.

L’expérience de cette mission à Toulon va s’exporter dans d’autres parties du diocèse. Et déjà pour l’année prochaine, des initiatives missionnaires se préparent dans notre paroisse : une autre exposition d’art sacré, pour attirer par le beau, un grand apéritif des voisins, pour entretenir les liens d’amitié entre le quartier et la paroisse, des messes en forme extraordinaire expliquées, le lancement d’une formation de base pour les débutants dans la foi…
« Nous ne pouvons pas avoir l’esprit tranquille en pensant aux millions de nos frères et sœurs, rachetés eux aussi par le sang du Christ, qui vivent dans l’ignorance de l’amour de Dieu. Pour le chrétien individuel comme pour l’Eglise entière, la cause missionnaire doit avoir la première place, car elle concerne le destin éternel des hommes et répond au dessein mystérieux et miséricordieux de Dieu7 », disait le bienheureux Jean-Paul II. Que par son intercession, le Seigneur fasse de nous des missionnaires dans le monde

(1) Concile Vatican II, Décret Ad Gentes, n° 2. (2) Encyclique Redemptoris Missio, n° 2. (3) Redemptoris Missio, n° 42. (4) Encyclique Evangelii Nuntiandi, n° 21. (5) Evangelii Nuntiandi, n° 22. (6) Redemptoris Missio, n° 90. (7) Redemptoris Missio, n° 86.

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