Missionnaires de la miséricorde divine
http://misericordedivine.fr/Nouvelles-de-juillet-et-septembre
      Nouvelles de juillet et septembre 2009

Nouvelles de juillet et septembre 2009

A l’heure de reprendre ma plume pour vous partager les dernières nouvelles de la communauté, elle se fait hésitante, encore marquée par le délassement estival qui la laisse embrumée, tel un esprit au réveil. Pour pallier mon insuffisance, il me prend l’avis de convoquer le poète :


Du plus noir de l’abîme où mes sens sont noyés
Je viens ayant jeté le sommeil à mes pieds.

Je balbutie encore et ma prière est lourde.
A peine ai-je au cerveau quelque lumière sourde

Et ma pensée y cherche une issue à tâtons
Parmi des mots épars, aveugles sans bâtons.

Ô Père, il en est temps, les étoiles sont mortes,
Des cieux fermés encore entrebâille les portes.

Laisse échapper le jour à travers comme un fil
Pour conduire au soleil mes yeux pleins de péril.

L’année reprend donc, après un mois de juillet marqué par des stages (louveteaux, louvettes, camp Saint-Michel, Terre Sainte pour les plus favorisés…), par le camp Spes : durant dix jours, une soixantaine de jeunes passent leurs journées le long des plages du Mourillon, avec le désir de parler de Notre Seigneur aux vacanciers et autochtones adeptes d’épidermes bariolés. Pour la plupart d’entre eux, l’expérience est novatrice et riche en grâces ; pour notre communauté, elle est chaque année davantage un temps de retrouvailles et de cohésion autour du projet missionnaire qui nous meut. A la fin du camp, deux jeunes s’engagent dans la Fraternité des Témoins de la miséricorde.

Sitôt le camp Spes achevé, la communauté part en Corse pour la session de rentrée. Elle est l’occasion pour chacun d’accueillir nos quatre nouveaux, trois propédeutes (Arnaud, Louis-Marie et Hugues), ainsi qu’un regardant (Thomas C. que nous appellerons ainsi pour distinguer de l’autre Thomas... Thomas D. ! Hum ! J’espère que tout le monde me suit…). Nous profitons de ce séjour pour visiter le nord de l’île de Beauté ; nous avons la joie de rencontrer une confrérie à Bastia avec laquelle nous échangeons longuement. Les jours se succèdent au rythme des contacts amicaux : M. Popov qui nous ouvre les portes de son abbaye, M. Adami qui prend le temps de nous expliquer le contexte social, politique et religieux de son « pays »…

La rentrée reprend peu à peu ses droits, nous invitant à lancer une à une les activités qui font la joie de nos chers paroissiens : catéchisme, scoutisme, aumônerie, liturgie, Domus Christiani... La répartition des différents labeurs faite, nous voici aussitôt immergés dans la préparation d’un grand événement pour la communauté : l’ordination de M. l’abbé Eloi Gillet ! La mobilisation est immédiate, totale, heureuse, comme nous y invite – encore lui ! – le poète :

Donne-toi tellement que tu n’existes plus
Et que dans ton secret, ton silence, ton ombre,
Rien ne bruisse plus qu’autrui ce cœur sans nombre
Son mal, sa fièvre, au lieu de ton cœur superflu.

Hum ! Notre élan est cependant plus humble, malgré tous nos efforts et des heures de répétition… Mais quelle grâce que cette magnifique ordination dans la forme extraordinaire du rite romain qui rassemble au cœur du diocèse, dans la cathédrale, près de huit cents personnes autour de notre évêque et des trois ordonnés : Alexis Campo (sous-diaconat), Eloi Gillet et Marc de Saint-Sernin (sacerdoce) ! Nous ne pouvons que remercier le Ciel et son pasteur varois, Mgr Dominique Rey, pour un si beau cadeau. Entre quatre cents et cinq cents personnes partagent après la cérémonie un repas festif, agrémenté de discours et de chants. L’abbé Fabrice Loiseau profite du dessert (tout ne concourt-il pas au bien de ceux qui aiment Dieu ?) pour présenter la Société des Missionnaires de la Miséricorde divine au complet, seize membres, et notre chère Fraternité des Témoins de la Miséricorde qui, la veille même de l’ordination sacerdotale, s’est agrandie avec deux nouveaux membres, l’un Lyonnais, Hélène Henri-Rousseau, l’autre parisien, Floscel Paschery ; elle compte aujourd’hui près de vingt-cinq membres, et possède deux groupes stables se réunissant chaque mois pour prier et partir en mission, à Toulon et Paris.

Le lendemain, dimanche 27 septembre, le nouveau prêtre célèbre sa première messe, dans une église Saint-François-de-Paule pleine à fissurer des murs fragilisés par le grand air du large. L’émotion est palpable, autant chez l’ordonné de la veille qu’au sein de l’assemblée toute unie à lui par la prière. « Prêtre pour l’éternité ! » Telle est la réalité qui nous est donnée d’expérimenter, quoique très imparfaitement, en ce beau jour.

Cette joie est le couronnement de longues semaines de grâces. Comment en rendre compte ? Il me faudrait écrire sur les progrès (enfin ?) de l’abbé Jean-Raphaël Dubrule à la guitare, sur la rentrée des séminaristes (75 inscrits à la Castille cette année), etc. Les mots se pressent et les pensées ne cessent de susurrer à mon esprit leur volonté d’être scellées par ce modeste palabre. Il est bien tard désormais, elles trouveront écho le mois prochain. Mon esprit ensommeillé peine à clore par lui-même et cède à mon lyrique compagnon :

Mon âme en vain cherche le fil de sa mémoire
Et se heurte dans l’ombre à des pensers confus,
Démesurés, béants et comme un bois touffus,
Ou si petits que je les perds en la nuit noire […]

Je ne suis pas un saint, mon Dieu, pour que tu veuilles
Me bercer dans tes bras et chasser mes frissons.
Je ne suis qu’un enfant, je n’ai que mes chansons
Et je ne vaux pas mieux qu’un oiseau sous les feuilles.

Et je ne sais pourquoi tu m’aimes… Les chemins
Me mènent tous à Toi, sans lutte, sans secousse ;
Le sommeil – ou la mort – glisse dans la nuit douce…
Bonsoir Père, reçois mon âme entre tes mains. [1]

Et c’est ainsi que la Miséricorde de Dieu nous guide jour après jour…

Notes

[1Vous aurez compris que le poète n’est pas ici un humble versificateur, ni un piètre écrivaillon comme votre serviteur. Qui est-ce ? Eh bien… C’est le grand jeu du mois. Merci d’adresser votre réponse au 104, cours Lafayette, à Toulon. Un tirage au sort - en présence d’un huissier, cela va de soi – aura lieu le mois prochain ; le gagnant recevra un recueil de poèmes dans lequel vous pourrez trouver les courts extraits livrés ici, pour vous.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Eglise catholique du Var

Eglise de France