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      Père Jean-Raphaël Dubrule : "Pourquoi suis-je devenu prêtre ?"

Père Jean-Raphaël Dubrule : "Pourquoi suis-je devenu prêtre ?"

Témoignage du père Jean-Raphaël Dubrule, ordonné prêtre pour le diocèse de Fréjus-Toulon et la Société des missionnaires de la miséricorde par mgr Dominique Rey le 22 septembre 2007.

"Être prêtre, ce serait beau"...


"Viens, suis-moi" (Matthieu 6,3)

« Toute vocation s’enracine dans cet appel du Christ. C’est le même appel, mais la forme est différente. Pour certains, c’est un éclair, qui illumine une vie en un instant. Pour d’autres, c’est comme une lumière qui croît peu à peu. C’est mon cas.

Je ne peux donner, ni de dates, ni de sentiments précis quant à ma vocation. C’est peu à peu, à travers les différentes étapes de ma vie, que le Seigneur m’a fait entendre cet appel : "Viens, et suis-moi". Même si c’est juste après mon bac que la certitude de l’appel est née en moi, c’est bien plus loin qu’il faut rechercher le terreau et les signes de l’appel. Sur le moment, quand les signes arrivent, on n’y discerne pas l’œuvre de Dieu. C’est uniquement le recul des années, le regard posé sur les évènements, qui permettent de la percevoir.

Le premier moyen que Dieu a utilisé pour me faire entendre l’appel, c’est d’abord ma famille, et spécialement mes parents. Je suis né en 1979 à Versailles, dans une famille catholique et pratiquante, petit dernier d’une famille de quatre enfants. De la part de mes parents, je n’ai pas souvenir de grands discours sur la place à donner au Bon Dieu, mais un exemple : celui d’une fidélité indéfectible à la messe dominicale. Je me souviens notamment de l’organisation des vacances, toute centrée autour de cette question : où irons-nous à la messe dimanche ? Sans cet apprentissage en famille de la parole du Christ : "Cherchez d’abord le Royaume des Cieux et sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît (Matthieu 9,9)", je serais sans doute resté sourd à l’appel.

Le sacerdoce est un don, et l’appel se ressent en donnant

Enfant sage, je suis peu à peu tombé, non pas dans la torpeur spirituelle, mais dans la mollesse apostolique. L’adolescence n’a pas été pour moi l’occasion de m’opposer, mais de vivre tranquillement, sans efforts. Ma vie spirituelle existait, notamment grâce au sacrement de confession que je fréquentais régulièrement, grâce au service de messe que j’aimais beaucoup, mais elle était trop centrée sur moi, sans générosité pour les autres. C’est vers mes 17 ans que j’ai découvert, à la suite d’une retraite spirituelle, le mouvement Missio, à l’époque Jeune Chrétienté. Son principe ? l’évangélisation des jeunes par les jeunes, à travers les camps et l’amitié pendant l’année. Pendant quatre ans, j’ai assimilé peu à peu, laborieusement, et non sans difficultés, cette parole du Seigneur : "Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir". Ce sont certainement ces quatre années qui ont éveillé en moi le souci missionnaire vis-à-vis de ceux qui ne connaissent pas le Christ et m’ont porté à entrer un jour dans une communauté résolument tournée vers la Nouvelle Évangélisation. C’est au cours d’un camp en Italie, en 1998, alors que j’avais la responsabilité d’une équipe de jeunes, que je me suis pour la première fois dit : "Être prêtre, ce serait beau". Sûrement, parce que cette responsabilité m’a permis de sortir de moi-même, de m’oublier pour m’occuper d’abord des autres. Le sacerdoce est un don, et l’appel se ressent en donnant.

Des modèles de prêtres m’ont fait aimer le sacerdoce

C’est enfin à travers des modèles de prêtres que j’ai aimé le sacerdoce :
- le curé de la paroisse où nous passions nos vacances, au bord du lac Léman,
- les prêtres qui me faisaient le catéchisme,
- mon père spirituel plus tard.

Il arrivait fréquemment que mes parents en invitent, et je voyais à la fois des hommes proches de nous, mais pourtant différents, ne serait-ce que par leur habit. Mais c’est à la messe que le prêtre m’apparaissait le plus « prêtre », et si le désir d’être prêtre est né en moi, cela a été d’abord pour célébrer la messe. Le prêtre est le médiateur entre Dieu et les hommes, et c’est à la messe que ce rôle apparaît le plus, spécialement dans la forme extraordinaire du rit avec laquelle j’ai grandi.

Maintenant que je suis prêtre, j’expérimente cette vérité, et dans chacune de mes journées, c’est bien au moment où je célèbre la messe que je prends le plus conscience de mon sacerdoce. Que c’est beau de célébrer le sacrifice eucharistique !

J’ai compris que mon bonheur serait d’être prêtre

Semée dans ce terreau, ma vocation est sortie de terre. C’est pendant les classes préparatoires aux écoles d’ingénieur, dans l’établissement Stanislas à Paris, que j’ai compris que mon bonheur serait d’être prêtre.

J’étais sûr de vouloir être prêtre, mais il fallait m’assurer que ce n’était pas mon désir uniquement, mais celui du Seigneur auquel je voulais correspondre. Pendant les trois années qui ont précédé mon entrée au séminaire, c’est dans la prière personnelle, la confession et spécialement dans la participation à la messe, de plus en plus souvent, que cet appel s’est confirmé.

Après mes deux années de prépa et une année d’ESTP, école d’ingénieur en bâtiment et travaux publics (dont j’ai gardé un intérêt pour tout chantier de construction !), je suis rentré au séminaire de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre à Wigratzbad. J’y suis resté cinq ans, y découvrant avec joie la philosophie et la théologie à l’école de saint Thomas d’Aquin.

Mais le Seigneur me voulait ailleurs. Quand l’abbé Loiseau a eu le projet de créer la Société des Missionnaires de la Miséricorde, je me suis senti appelé et suis rentré dès la fondation en 2005.

Trois aspects m’ont spécialement attiré : la spiritualité de la miséricorde, que j’avais découverte au cours de mes années au séminaire à travers l’œuvre de sainte Faustine, spiritualité que j’approfondis et qui depuis me porte chaque jour dans mon ministère. La liturgie traditionnelle intégrée dans le cadre d’un diocèse ensuite, expérience nouvelle en France qui m’a semblé prophétique. Et la vie fraternelle enfin, au service de la mission.

Voilà pourquoi et comment j’ai rejoint ma communauté. Après avoir fini ma formation à La Castille, séminaire du diocèse de Toulon, j’ai été ordonné prêtre le 22 septembre 2007 à la cathédrale, des mains de mgr Dominique Rey.

"Prêtre, tu es mystère de miséricorde". Telle était le titre d’une lettre de la Congrégation pour le Clergé à l’intention des prêtres. Depuis que je suis ordonné, je découvre avec joie la vérité de cette parole. Mystère dont je vis, mystère que j’essaie de transmettre… »

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