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    Pour le prêtre, régner c’est servir

Pour le prêtre, régner c’est servir

L’ordination de deux nouveaux prêtres pour notre communauté est l’occasion de réfléchir sur la place que doit tenir le prêtre dans l’Église, vis-à-vis des fidèles laïcs notamment.


Le saint curé d’Ars disait que le prêtre est « un homme qui tient la place de Dieu, un homme qui est revêtu de tous les pouvoirs de Dieu ». Mais à notre époque, le pouvoir est synonyme de domination, de puissance. Comment dire alors, comme Jean-Paul II, que la vie spirituelle des prêtres doit être « exempte de toute présomption et de tout désir "de faire le seigneur" sur le troupeau qui leur est confié » (Exhortation Pastores Dabo Vobis, n° 21) ?

L’Eglise, peuple de prêtres

Pour répondre à cette question, il faut d’abord comprendre le mystère de l’Eglise. Le dessein de Dieu sur l’humanité est de s’unir tous les hommes en un seul peuple, l’Eglise. Pour réaliser ce dessein, Dieu a envoyé son Fils afin que tout homme lui soit uni et appartienne ainsi à l’Eglise, Corps mystique du Christ. Par conséquent, le but de la vie chrétienne de tout baptisé, c’est de faire grandir l’Église en étant de plus en plus uni au Christ. Ce but, c’est la vocation baptismale qui est commune à tous les baptisés et que l’Église appelle le sacerdoce commun des fidèles. Commun non pas parce qu’il est banal, mais parce qu’il est partagé par tous les baptisés. C’est ce que nous rappelle l’apôtre saint Pierre : « Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l’édification d’un édifice spirituel pour un sacerdoce saint en vue d’offrir des sacrifices spirituels agréables à Dieu par Jésus Christ ». Le livre de l’Apocalypse dit encore que le Christ « a fait de nous un royaume de prêtres, pour son Dieu et Père » (Ap 1, 6)

Tout baptisé a donc pour vocation au sein de l’Église d’offrir un sacrifice spirituel, et dans ce sens, mais dans ce sens uniquement, chaque baptisé est prêtre. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique récapitule cela ainsi : « Toute la communauté des croyants est, comme telle, sacerdotale. Les fidèles exercent leur sacerdoce baptismal à travers leur participation, chacun selon sa vocation propre, à la mission du Christ, Prêtre, Prophète et Roi. C’est par les sacrements du Baptême et de la Confirmation que les fidèles sont "consacrés pour être ... un sacerdoce saint" ». (CEC 1546)

Le prêtre, nécessité pour l’Église

Mais cette vocation de tous les baptisés ne peut se réaliser sans un don que le Christ a fait à son Eglise, celui du sacerdoce ministériel avec le sacrement de l’Ordre. Le Christ a en effet voulu que son œuvre de salut puisse être transmise aux hommes par la médiation de personnes qui tiendraient sa place. Le Christ en effet "a donné" aux uns d’être apôtres, à d’autres d’être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, organisant ainsi les saints pour l’œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ » (Ep 4, 11-13). Dans son plan de sagesse, Dieu a voulu que ses grâces passent par le sacerdoce. Il aurait pu de soi en être autrement, et les protestants le croient. Mais l’Evangile nous montre que le Christ a voulu associer des hommes à la communication de sa grâce quand il a donné le pouvoir de remettre les péchés, de rendre présent son corps, d’imposer les mains en vue de donner l’Esprit-Saint… L’Église ne peut donc pas se passer de prêtres, parce que le Christ l’a voulu ainsi, ce qui faisait dire au saint curé d’Ars que « sans le prêtre, les bienfaits de Dieu ne nous serviraient de rien ». Le prêtre est donc nécessaire pour l’Église et c’est ce qui fait toute la beauté de la vocation sacerdotale.

Le prêtre est pour les autres

Le prêtre est quelque chose d’immense, mais d’immense pour les autres. « Le prêtre n’est pas prêtre pour lui. Il ne se donne pas l’absolution. Il ne s’administre pas les sacrements. Il n’est pas pour lui, il est pour vous », rappelait le saint curé d’Ars. Idée que reprend Jean-Paul II dans sa première lettre aux prêtres du Jeudi Saint 1979, où il rappelle que le sacerdoce ordonné « sert à rendre les fidèles conscients de leur sacerdoce commun et à leur permettre de l’exercer ». Il y a une vocation à la sainteté pour tous les baptisés, vocation qui est le sacerdoce commun. Au service de cette vocation générale, il y a une vocation réservée à quelques uns que le Christ a choisis et qui est le sacerdoce ministériel. Entre le sacerdoce commun de tous les baptisés et le sacerdoce des prêtres ordonnés, il y a une différence fondamentale, une différence de nature, comme le rappelle le Catéchisme : « Le sacerdoce ministériel ou hiérarchique des évêques et des prêtres, et le sacerdoce commun de tous les fidèles, bien que "l’un et l’autre, chacun selon son mode propre, participent de l’unique sacerdoce du Christ" diffèrent cependant essentiellement, tout en étant "ordonnés l’un à l’autre" ». (CEC 1547)

Le prêtre, homme ordinaire aux pouvoirs extraordinaires

C’est le mystère du sacerdoce. Le prêtre est à l’origine un homme comme les autres, ni meilleur, ni pire que les autres. Quand le Seigneur choisit un homme pour en faire son prêtre, il ne regarde pas ses qualités ou ses défauts, ses vertus ou ses péchés, il choisit gratuitement. De par lui-même, le prêtre n’est rien. Mais par l’ordination qu’il reçoit, il est revêtu d’un pouvoir qui le place à la tête des autres fidèles en l’identifiant au Christ, Tête de l’Église. A partir d’hommes comme les autres, Dieu fait des hommes pas comme les autres. A partir d’hommes faibles et en utilisant aussi leur faiblesse, Dieu guide son Peuple. « Après Dieu, le prêtre, c’est tout ! » a été jusqu’à dire le saint curé d’Ars. C’est tout parce que le prêtre est revêtu des pouvoirs du Christ : « Le sacrement de l’Ordre communique "un pouvoir sacré" qui n’est autre que celui du Christ », enseigne le Catéchisme, pouvoir de sanctifier, d’enseigner et de gouverner, transmis à ses Apôtres au moment de les envoyer en mission : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 18-19)

Un pouvoir exercé comme un service

Devant un tel pouvoir, le danger du cléricalisme guette. Pour s’en protéger, le prêtre doit toujours se souvenir que le don qu’il a reçu le rend serviteur de l’Eglise. Si le prêtre n’est pas un homme comme les autres, il est un homme pour les autres. La vocation du prêtre, c’est de servir. Le pouvoir qu’il reçoit doit être exercé comme un service. Le sacrement de l’ordre ne fait pas du prêtre quelqu’un de meilleur dans la sainteté mais en fait un serviteur des autres et lui donne la grâce de devenir un saint serviteur.

C’est pour rappeler cela que le Christ a montré l’exemple du service en lavant les pieds de ses disciples : « Quand il leur eut lavé les pieds, qu’il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit : "Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j’ai fait pour vous » (Jn 13, 12-15).

Vivre son sacerdoce comme un service, c’est pour le prêtre l’antidote à l’orgueil qui peut guetter facilement un ministre du Christ. Il est si facile d’oublier que le pouvoir du prêtre est un pouvoir reçu. Et pour le prêtre, la tentation est bien réelle d’oublier qu’il est un vase d’argile. Un vase d’argile qui contient un trésor mais un vase d’argile, pauvre et fragile.

C’est pour préserver cela que le Christ a fait du sacerdoce un service, service qu’on ne choisit pas soi-même mais auquel Dieu appelle gratuitement. Un médecin choisit de devenir médecin. Un avocat choisit de devenir avocat. Un homme politique choisit de devenir homme politique. Le prêtre ne choisit pas de devenir prêtre, mais décide de répondre au choix du Christ sur lui. Si le sacerdoce était un choix qui venait de l’homme, le risque d’orgueil serait grand.

Comment aider les prêtres ?

Les laïcs ont un rôle très important pour les prêtres. C’est en respectant ce qu’ils sont, en les voyant avant tout comme des autres Christ malgré leurs défauts, mais en étant aussi naturels et simples avec eux malgré leur charge, qu’ils peuvent les aider à vivre ce paradoxe du prêtre, à la fois différent des autres par son pouvoir et proche des autres par sa mission. Un prêtre n’est vraiment heureux que lorsqu’il est « utilisé » pour un des trois pouvoirs qu’il a reçu, à savoir enseigner, donner les sacrements et guider les âmes. Le reste est secondaire. Sachons leur demander le principal

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