Missionnaires de la miséricorde divine
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        Exposé de l’abbé Loiseau le 17 décembre pour les témoins

Exposé de l’abbé Loiseau le 17 décembre pour les témoins

La création dans l’islam
(en retard, désolée !)


Nous continuons notre cycle de conférence sur l’Islam. Après avoir parlé des points fondamentaux de l’Islam, notamment de la parole incréée ou des 5 piliers, nous allons nous pencher sur la création et sur la conception que les musulmans ont de la création.

La création dans l’Islam

Dans une démarche d’évangélisation auprès des musulmans, il est important de connaitre la conception qu’ils ont de la création, car beaucoup de choses viennent de l’origine.
On trouve dans toute religion une cause efficiente et une cause finale. Que l’on peut développer en 4 questions :
D’où vient-on ?
Quelle est la nature de ce Dieu qui nous crée ?
Comment il nous crée ?
Qu’attend-il de nous ?
A partir du moment où l’on a répondu à ces questions, on comprend mieux une religion, car l’origine et la finalité nous permettent de connaitre notre identité et l’identité de la religion. St Thomas d’Aquin donne ce principe philosophique « omne agens agit propter finem » (tout agent agit en vue d’une fin), cela est d’autant plus vrai pour une religion. Nous comprenons la religion en fonction de sa finalité : Qu’est-ce que Dieu attend de nous ? Et que nous promet-Il ?
Après avoir posé cela, nous allons maintenant voir ce qui entre l’Islam et le Christianisme diffère et ce qui est commun.
Dans l’Islam, Dieu a créé le monde en six jours, mais en une fois, sans fatigue et pour un temps fixé. Dès le départ, il y a une notion de fixation, il n’existe pas d’évolution, de développement comme dans la Bible, où l’Homme doit avoir une certaine maitrise sur la Nature. Il n’y a pas de repos comme dans la Bible, ce repos correspondant à Dieu qui prend une certaine distance par rapport à sa création. Tout est à Dieu, la création et la création n’appartienne qu’à Lui, Il est tout puissant et omniscient. Dieu avait également créé sept cieux en étages superposés, mais sans fissures, ce qui prouve son adresse. On pourrait penser que c’est symbolique, comme dans la Bible, sauf que la différence de genre littéraire n’est pas affirmée dans l’histoire de l’Islam. Et dans la vision musulmane, Muhammad, à Jérusalem, va monter dans les différents cieux. Cette hiérarchie céleste est donc très importante et vient de la religion mazdéenne.
Les différentes recherches sur l’Islam nous montrent que cette religion est une compilation de diverses traditions : juives, chrétiennes, mazdéennes, et du polythéisme qui existait à la Mecque (notamment la litholatrie avec l’adoration de la pierre noire). Certains pensent qu’au départ, ce serait des juifs convertis qui admettaient que Jésus est le Messie, mais qui n’arrivaient pas à comprendre qu’Il est Fils de Dieu et Sauveur. Cela nous permet de voir que l’Islam est au carrefour de différentes influences, et pour ce qui est de la création, on retrouve une influence biblique, juive, très importante, des idées chrétiennes et une vision mazdéenne non négligeable. La religion mazdéenne était présente en Perse dans l’Antiquité, elle a donné le manichéisme de Mani, dans laquelle un dieu bon, créateur de tout ce qui est spirituel, affronte un dieu mauvais, créateur de tout ce qui est matériel. Si la présence de deux divinités est bien évidemment absente de l’Islam, on retrouve l’idée de déterminisme.
La création de l’Homme
Dans l’Islam, Adam a été créé à partir de la boue, et d’une eau répandue (sourate 86), et d’une goutte de sperme (sourate 16, verset 4 ; sourate 22 verset 5 ; sourate 23, verset 14). Dieu ne crée donc pas l’homme à partir de rien, on rentre dans une vision différente de celle du christianisme. L’homme est créé inquiet et craintif, faible et ignorant (sourate 33, verset 72). Il n’a pas comme dans la vision chrétienne les donc préternaturels. Il en résulte que l’homme fait l’expérience de la faute et qu’il éprouve le duel entre le bien et le mal. La femme a été créée à partir de l’homme, mais d’un rang inférieur, dans sa nature même, la femme est inférieure à l’homme. Il n’existe pas comme dans la Bible de réciprocité dans l’amour, où le couple est à l’image de Dieu. Pour les musulmans, l’homme doit être ferme avec la femme. L’infériorité de la femme est voulue par Dieu et inhérente à la création, comme l’affirme la Coran (notamment la sourate 2) : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour, allez à votre champ comme et quand vous le voulez ». Dans les affaires juridiques, pour le témoignage d’un homme, il faut le témoignage de deux femmes, car elles peuvent s’égarer, et cela se confirme pour tout (les parts d’héritage…)
Dans la création, il y a des signes qui donnent matière à réflexion pour ceux qui sont doués de savoir ou d’intelligence. L’être humain a été créé pour adorer Dieu (Ibada), être soumis à sa loi et accomplir son œuvre dans tout l’univers. La grande différence avec le christianisme vient du rapport à la loi. Dans le christianisme, la loi vient (avec Moïse) après plusieurs alliances (avec Noé, avec Abraham). Sans même qu’il y ait eu de péché originel, l’Homme doit être soumis à la loi. On peut donc dire que l’Islam est la religion de la loi. L’insistance des musulmans sur la volonté de Dieu se comprend donc dès le récit de la création, ce rapport de soumission à la loi est donc le premier qu’on les musulmans avec Dieu.
La création est fixée une fois pour toute, l’Homme n’apporte rien, il n’y a pas de sens de l’Histoire, Dieu n’intervient pas dans l’histoire des hommes. Les jeux sont faits, la création est définitive, parfaite et n’a plus à s’accomplir. Elle est l’œuvre de Dieu seul, et l’Homme n’a aucun rôle dans la création. Cependant, l’Homme est bien le centre de la création. Tout est créé pour lui, Dieu lui confie la gérance de l’univers.
Le monde ne va pas vers le néant, il y aura une résurrection des hommes et une vie future. Cependant, l’Homme n’a pas besoin du Salut, Il n’existe pas de relation d’amour avec Dieu. Dieu a créé de manière arbitraire la vie et la mort pour éprouver l’Homme. Au moment de la mort, Dieu va peser le nombre de bonnes actions, de bonnes œuvres, mais on ne trouve pas la notion de miséricorde, d’un sauveur qui va agir en nous en premier. Il n’est pas demandé à l’Homme d’aimer Dieu et les autres. Dieu est hors du monde et ne s’intéresse pas à l’Homme, alors que dans notre vision chrétienne, Dieu aime les hommes et assure une médiation, qui se prolonge par le ministère de l’Eglise.
Selon certaines traditions musulmanes, le mal est d’origine divine, comme le laisse à penser des versets du Coran : « Quand Dieu veut du mal à un peuple, il n’y a personne qui puisse repousser le mal en question, les gens de ce peuple n’ont pas de protecteur en dehors de Lui » (sourate 13, verset 11). Tout est voulu par Dieu, même le mal. Il n’y a pas de recherche métaphysique comme dans le christianisme où le mal est une absence d’être, une destruction, qui ne peut être attribué à Dieu. La théologie chrétienne affirme que Dieu ne peut vouloir le mal, car Il ne recherche que le salut de l’humanité. A contrario, pour les musulmans, notamment le courant salafiste, Dieu est à l’origine du mal. En effet pour eux, comme Dieu est tout puissant, le mal ne peut être qu’une de ses créations. Il n’y a pas de réflexion, de substrat métaphysique dans l’Islam. Tous les courants qui ont essayé d’introduire ces notions philosophiques ou une part de raison, ont été minoritaires et souvent persécutés. C’est par exemple le cas actuellement des réformateurs, tel Malek Chebel (très médiatisé en France), Mohammed Arkoum…
Depuis les origines, l’humanité se pose une question fondamentale : Dieu a-t-il réorganisé un chaos originel, ou a-t-il créé l’univers à partir de rien. Le Coran ne répond pas à cette question. Les chrétiens croient à la création ex nihilo, à partir de rien ; certaines religions, notamment orientales, pensent que le monde est l’organisation d’un chaos original. Suivant les versets, le Coran apporte les deux réponses : les musulmans considèrent que cette question relève de Dieu et que l’Homme ne doit pas se poser la question, n’a pas le droit de chercher de réponse. A l’inverse, dans le christianisme, l’Homme a le droit de réfléchir et même le devoir d’exercer son intelligence. En ce qui concerne les mystères de Dieu, on ne pourra jamais en saisir l’ampleur. Mais c’est un encouragement à chercher sans arrêt, un appel à la raison, justement car on ne pourra jamais en saisir toute l’ampleur. La seul réflexion qui existe dans l’Islam concerne l’interprétation de la charia, son application, mais il n’est jamais question d’exégèse.

Les Djinns
A partir du feu, Dieu a créé les djinns qui sont destinés à l’adorer. Ce sont des sortes de génies, comme ceux que l’on trouve dans les Contes des mille et une nuits. La plupart des écoles musulmanes les considèrent comme différents des anges. Les djinns sont présents dans les endroits sombres, les éviers et beaucoup dans les égouts, on trouve cela essentiellement dans l’Islam populaire. Les djinns vont faire des actions soit bienfaisantes, soit malfaisantes.
Les Anges
Le deuxième pilier de la foi musulmane est la croyance envers les anges. (Attention, à ne pas confondre avec les 5 piliers de l’Islam). Celui qui ne croit pas dans l’existence des anges est un mécréant. Le Coran affirme que « les polythéistes (les chrétiens) disent que le Miséricordieux (Dieu) s’est donné des enfants », ce qui se réfère ici aux anges et renvoie à l’idée qu’avaient les ariens que Jésus n’était qu’une sorte de super-ange (ce qui a depuis été repris par les témoins de Jéhovah). Alors que pour les musulmans, Dieu ne peut pas avoir d’enfants, ne peut pas engendrer, car pour cela, il faudrait qu’il ait des relations sexuelles, ce qui est blasphématoire. Ainsi, on ne pourrait pas dire que Dieu est père, qu’il a des enfants. Or, pour les chrétiens, cette objections ne tient pas, car l’engendrement n’est pas que charnel, il est d’abord une réalité spirituel.
Parmi les anges, il en existe plusieurs sortes :
ceux qui supportent le trône
ceux qui se chargent de la révélation
les gardiens du paradis
les gardiens de l’enfer
ceux qui sont chargés de la mort et des mécréants, l’interrogatoire des serviteurs dans les tombeaux
ceux qui sont chargés d’implorer l’absolution des musulmans, ils les aiment et les saluent
ceux qui assistent au cercle et on en apprend la science religieuse
ceux qui ont fait le dzikir, qui paient l’aumône pour recouvrir les fidèles de leurs ailes
ceux qui accompagnent les humains
ceux qui appellent les serviteurs à faire le bien
ceux qui suivent les convois funéraires des gens vertueux
d’autres combattent au côté des musulmans et les raffermissent contre les ennemis
Les anges ne pénètrent jamais dans les maisons où se trouvent des statues ou un chien. Le chien étant considéré comme un animal impur. Les anges peuvent être gênés de tout ce qui gêne l’être humain : par exemple par une femme. Il y a donc un anthropomorphisme très important. Les anges sont très nombreux et seul Allah connait leur nombre (« Nul ne connait les armées de son seigneur excepté Lui »). On ne peut voir la véritable forme dans laquelle Allah les a créés, il nous les a rendus invisibles : cela signifie que dans la vision musulmane, les anges ne sont pas de purs esprits, d’où parfois une confusion avec les djinns. Le Messager a vu deux fois l’ange Djibril, « sous la forme à laquelle Allah l’avait créé, votre concitoyen n’est pas fou, il a vu l’ange à l’horizon lumineux ».
Les anges n’ont pas été créés avec une part de mal comme les hommes, mais certains se sont révoltés, menés par Iblis ou Shaytan. Certains courants musulmans pensent qu’Iblis est un djinn, mais par rapport à ce que l’on peut lire dans le Coran ce serait plutôt un ange (sourate 2, verset 34). Les anges auraient été soumis à une épreuve, en devant se prosterner devant Adam, devant l’Homme, et Shaytan à refuser. Cela rejoint ce que disent les pères de l’Eglise et à leur suite St Thomas d’Aquin, que Satan aurait été soumis à une épreuve, Dieu lui ayant fait entrevoir l’Incarnation et qu’il aurait alors répondu : « je ne servirai pas » (mais ce n’est pas de foi). La théologie musulmane est bien moins développée que dans le christianisme sur la cause de la chute des anges. Les anges font la volonté de Dieu. Ainsi, lorsque des anges ou des djinns, tel Iblis, font le mal et agissent contre Dieu, c’est voulu par Dieu : le mal est une volonté positive de Dieu. Alors qu’à l’opposé, dans le christianisme, Dieu permet le mal pour un plus grand Bien, permet que Satan existe pour un plus grand Bien. Mais ce n’est pas une volonté positive de Dieu de vouloir le mal, c’est une permission pour qu’Il puisse en tirer un plus grand Bien. Nous ne sommes donc pas du tout dans la même métaphysique.

En Résumé, Dieu a tout créé de manière parfaite une fois pour toute, l’Homme ne joue aucun rôle dans la création. Mais il a mis l’homme au centre de la création et a fait la femme inférieure à l’homme par nature. L’Homme doit être soumis à la volonté de Dieu. Les anges ont été créés pour servir Dieu et assister les hommes, ils ne sont pas de purs esprits, mais Dieu leur a donné une forme.

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