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        topo de l’abbé, novembre 2013

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La Miséricorde dans les épitres de St Jean


Principes généraux de lecture de la Bible
Pour bien comprendre ce que nous disent les auteurs sacrés, il est important de savoir comment la Bible doit être lue. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique indique qu’il existe plusieurs sens de lecture des textes bibliques :

1) Le sens littéral. Il s’agit du sens voulu par l’auteur et signifié par le texte. Pour bien comprendre ce sens, on doit saisir le genre littéraire utilisé par l’auteur. On compte une dizaine de genres différents, qui peuvent être historiques, sapientiaux, prophétiques… Le style de l’auteur doit également être pris en considération, celui-ci peut faire de la poésie, des exagérations, de l’humour…

Trois sens spirituels. Ces sens ne peuvent se comprendre qu’à partir du sens littéral.
2) Sens allégorique : la compréhension que nous avons des évènements rapportés est approfondie en reconnaissant leur signification dans le Christ,

3) Sens moral : Les évènements ont été écrits pour notre instruction, afin de nous conduire à être plus juste

4) Sens anagogique : les évènements ont également une signification éternelle, en lien avec la fin des temps et le retour du Christ.

Exemple :
Moïse et le serpent d’airain (Nombres, XXI, 6-9)
Sens allégorique : ceux qui regarderont vers le Christ seront délivrés de leurs péchés, comme les Hébreux étaient guéris lorsqu’ils regardaient vers le serpent d’airain,
Sens moral : pour être sauvés, les hommes ne doivent pas compter que sur eux-mêmes, mais laisser le Christ agir en eux,
Sens anagogique : le Christ reviendra à la fin des temps avec sa croix.

Pour un évènement rapporté, il peut n’y avoir qu’un ou deux sens spirituels. On ne retrouve pas systématiquement les sens allégorique, moral et anagogique. Pour savoir quels sont les différents sens spirituels d’un texte biblique, il faut s’appuyer sur les commentateurs, en particulier les Pères de l’Eglise.

La Charité du Christ dévoilée dans St Jean
Le chapitre 2 de la première épître de St Jean renforce l’idée qu’il faut marcher dans la Lumière et permet de mieux comprendre qu’aimer, c’est marcher dans la Lumière et qu’au contraire haïr, c’est marcher dans les ténèbres. Si quelqu’un vient à pécher, nous avons Jésus comme avocat, ce qui est très consolant pour nous, quand nous prenons conscience de nos fautes. St Paul reprend la même idée « Il intercède toujours en notre faveur » (He, 7,25). Le Christ est avant tout notre avocat vis-à-vis du Père. La mission première du Christ est de nous arracher au péché et d’être notre avocat.
Le Christ est aussi victime de propitiation (ou d’expiation) pour nos péchés. L’essentiel du mystère de la Rédemption est affirmé à travers ce rôle propitiatoire. Au niveau de la vertu de religion, on distingue quatre finalités aux sacrifices :
- Sacrifice de louange (latreutique),
- Sacrifice d’action de grâce (eucharistique),
- Sacrifice pour rendre Dieu clément (propitiatoire ou expiatoire),
- Sacrifice pour faire une demande (impétratoire).

Les théologiens qui nient cette dimension sacrificielle sont hérétiques.
Le Fils est uni à la volonté du Père, et c’est par Amour qu’il accepte de mourir pour accomplir le sacrifice de la croix et réparer tous les péchés. Personne ne pouvait réparer le péché. La mort sur la croix nous fait prendre conscience du décalage immense qu’il y a entre l’Homme et Dieu. Plus la personne est aimante, plus la faute est importante. Ainsi, pour une offense infinie, la seule réponse possible est un Amour infini. On comprend mieux l’infinité de cet Amour quand on voit la Miséricorde dont Dieu fait preuve envers les grands pécheurs.

Le chapitre 9 de l’épître aux Hébreux est en lien avec l’épître de St Jean, il met en parallèle les sacrifices de l’Ancienne Alliance avec le sacrifice du Christ. Il nous explique la dimension sacerdotale du Christ. Le grand prêtre ne pénétrait dans le Saint des Saints qu’une fois par an pour Yom Kippour. Au moment de cette fête, on prenait deux boucs :
le grand prêtre égorgeait le premier et le sang était sanctifié dans le Saint des Saints.
en sortant du Saint des Saints il imposait les mains sur le deuxième bouc, avec le sang du premier. Il devient ainsi le bouc émissaire et est abandonné dans le désert.
Le bouc était le symbole de la purification d’Israël. Pour St Paul, nous sommes maintenant dans une nouvelle ère. Si le sang du premier bouc, qui a été sacrifié, est capable de remettre les péchés, combien plus le sang du Christ qui est mort sur la croix, va nous purifier de nos péchés. Le Christ, en mourant sur la croix, rentre avec son corps dans la gloire du Ciel. A la mort du Christ, le voile du Temple se déchire. La présence de Dieu quitte le Temple pour se répandre sur toute la Terre. Le pardon des péchés est accordé au monde entier par le sacrifice expiatoire que le Christ a offert en tant que grand prêtre.

St Jean nous demande de garder les commandements. C’est la Charité qui va nous sauver, et non la foi seule (« Celui qui dit : je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur et la Vérité n’est pas en lui »). La Charité nous presse. Nous ne pouvons pas limiter la Foi à l’ordre de la connaissance. Nous avons un Dieu d’Amour, qui nous invite à vivre de cet Amour. Le péché rompt le lien qui nous unit à Dieu, et donc à la Vérité. On ne peut pas vivre avec une dichotomie entre ce que l’on croit, ce que l’on pense et ce que l’on vit. Ou alors, à force d’agir contre notre conscience, on va finir par justifier le péché.
St Jean nous invite donc à découvrir la Vérité comme un Amour qui vient en nous et que nous allons vivre personnellement. Les commandements sont le fruit de l’Amour de Dieu. La pratique chrétienne est un Amour qui nous fait vivre. Nous ne connaitrons le Salut que dans la mesure où nous vivrons de la Charité. La Foi est un acte de l’intelligence et de la volonté, qui nous fait adhérer à tout ce que le Christ a dit, et comme Il est Amour, nous devons aussi y adhérer avec notre cœur. Il faut maintenir un équilibre entre la Foi et la Charité.

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