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      Abbé Éloi Gillet : "Comment suis-je devenu prêtre ?"

Abbé Éloi Gillet : "Comment suis-je devenu prêtre ?"

L’expérience de la miséricorde Dieu au quotidien ou la relecture de la vie d’un jeune que le Seigneur appelle à devenir prêtre à la lumière de la fidélité divine.

Retrouvez ici le témoignage de l’abbé Eloi Gillet, ordonné prêtre le 26 septembre 2009.


L’expérience de la fidélité de Dieu

Miséricorde vient du mot hébreu Hésed et exprime à la fois la fidélité de Dieu et le pardon de Dieu. Si certains expérimentent davantage la puissance du pardon de Dieu dans leur vie, d’autres constatent davantage la fidélité de Dieu.

Nombreux sont ceux, en effet, que le Seigneur rattrape alors qu’ils s’égarent sur des voies mortifères, englués dans les vices à la mode que sont la drogue, le sexe, l’indifférence religieuse... Ceux-ci font alors cette douce expérience de la miséricorde divine qui les rejoint au plus profond de leur cœur, les purifiant et les appelant à annoncer cette miséricorde au reste du monde.

D’autres, même s’ils ont eux aussi pu faire l’expérience de la puissance du pardon divin, peuvent davantage témoigner de la fidélité de Dieu. Quand le Seigneur prévoit qu’une personne risque de tomber très bas si elle est soumise à des tentations trop fortes, il peut la préserver d’une chute dont elle ne se relèverait pas.

C’est ainsi que j’ai pu faire la relecture de ma vie à la lumière de la fidélité divine.

Relecture de ma vie à la lumière de la fidélité divine

N’est-ce pas une première miséricorde que le Seigneur m’a faite en me donnant une famille profondément croyante et pratiquante ? La fidélité de Dieu prenait le visage de la fidélité au sein même de la famille. La vie familiale stable est un facteur supplémentaire favorable à l’appel de Dieu.

Dieu continuait de me façonner à travers les écoles catholiques, les scouts, le catéchisme. autant de milieux chrétiens où j’ai grandi. Cela me paraissait normal. Ce contexte chrétien est à n’en pas douter une preuve de la fidélité de Dieu qui favorisait ainsi mon enracinement dans la foi et ma réponse à son appel.

« A quoi ça sert d’être chrétien ? »

Après mon Baccalauréat scientifique, je suis rentré dans une école d’ingénieur à Paris. Et là, de même que Christophe Colomb a découvert le Nouveau Monde, j’ai aussi découvert un nouveau monde, du moins, nouveau pour moi : « le monde des païens ». J’étais à deux ou trois élèves près le seul chrétien sur une promotion de deux cents élèves. Ce milieu « hostile » a joué un rôle capital dans l’éclosion de ma vocation. Transplanter un arbre est périlleux car il risque de ne pas prendre racine et finalement de mourir. Ce changement de milieu a été pour moi un détonateur dans ma foi. Très vite en effet, j’ai eu à rendre compte de ma foi devant des amis qui n’en voyaient pas l’intérêt : « à quoi ça sert ? » S’impose alors à moi une exigence de formation pour répondre aux questions pertinentes qu’ils se posaient. Mais plus encore une exigence de relation. Si l’on ne vit pas en relation avec Dieu, on est en effet incapable de répondre à la question « à quoi ça sert ? » Mes amis m’ont donc invité, à leur insu, à passer d’une foi reçue à une foi vécue. Le terrain était prêt.

Appelé un jour de Pentecôte

C’est au cours d’un pèlerinage à Chartres, un jour de Pentecôte, durant la messe que l’appel à suivre Jésus s’est fait entendre. Présence divine intérieure, bonheur inénarrable, indicible, incommunicable. Expérience unique du Christ présent dans l’Eucharistie. Grande paix intérieure, signe authentique de la présence divine. C’est dans cette paix que le Seigneur m’a maintenu, comme pour me faciliter le passage d’une vie à une autre. Je me sentais chez moi à l’Eglise. Je trouvais un intérêt pour tous les sujets religieux, davantage que pour l’informatique et la physique. Chacune des pages d’Évangile me parlait directement. Il me semblait aussi que toutes les homélies m’étaient directement adressées. Jean-Paul II aux JMJ 2000 à Rome m’a parlé sans le savoir en redisant les paroles de Jésus à Pierre, Matthieu...« suis-moi ! »

A Toulon chez les Missionnaires de la miséricorde

Une visite-éclair au séminaire pour me rendre compte de la vie que l’on y mène, et je suis retourné faire toutes mes valises pour les poser au séminaire de la Fraternité Saint-Pierre en Allemagne, où j’ai étudié pendant 3 ans. Spiritualité, catéchisme, Ecriture sainte pour commencer, puis philosophie, histoire de l’Eglise, liturgie, initiation à la théologie. Une année de stage m’a été proposée, en Bretagne à Pont Calleck chez les Dominicaines du Saint-Esprit. Cette année fut décisive puisque c’est à ce moment qu’un projet répondant davantage à mes aspirations se mettait en place. Une visite à Toulon pour me rendre compte sur place et me voilà refaisant toutes mes valises pour les poser à La Castille, le séminaire du diocése de Fréjus-Toulon. C’est là en effet que les séminaristes de la communauté naissante des Missionnaires de la Miséricorde vont se former. Vie paroissiale, vie missionnaire, vie communautaire, une spiritualité propre, un apostolat propre, tout cela réuni. J’ai donc terminé ma formation à La Castille.

En mission en Tunisie

Les bénédictions du Seigneur continuent puisque après l’ordination diaconale, j’ai été envoyé en apostolat en Tunisie, le lien avec le monde musulman faisant partie du charisme de la communauté. Une année passée à Sousse, au service de la paroisse et de l’école des sœurs. Catéchisme, prédication, adoration, chorale, cours Alpha, cours d’arabe, cours de français occupaient mes journées. Une petite église mais bien vivante dans un pays où les gens ont soif ! Une expérience inoubliable.

La fidélité du Seigneur se poursuit avec l’ordination sacerdotale fin septembre. Nous disons dans les psaumes « il est fidèle celui qui nous appelle ». Je rends grâce au Seigneur de s’être montré fidèle tout au long de ce cheminement, et ce, malgré mes infidélités.
« Toi, suis-moi ! »

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