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      Faut-il encore réparer pour les péchés ?

Faut-il encore réparer pour les péchés ?

Les notions de réparation pour le péché, d’offrande de la souffrance, de désir de mortification sont actuellement peu prêchées, souvent au nom de la miséricorde. Tentative d’approfondissement.


Il est étonnant de voir dans les écrits des saints le désir de réparer pour les péchés. Dans son acte d’offrande à la justice divine, sainte Faustine écrit : « O mon Dieu, je désire, de cette manière, faire réparation pour les âmes qui ne croient pas à Ta bonté. J’ai confiance contre tout espoir en l’océan de Ta miséricorde » (Petit Journal, n° 309). Elle fait donc en même temps deux offrandes : elle s’offre à l’invasion des flots de miséricorde afin qu’en transformant son cœur, ils touchent aussi le cœur endurci des pécheurs. Mais en même temps, elle accepte de prendre sur elle « toutes les souffrances, les frayeurs et les peurs » de ces pécheurs, c’est-à-dire les conséquences que le péché peut entraîner.

Cela vient donner un éclairage important sur le mystère de la miséricorde de Dieu. Si l’amour du Seigneur est gratuit et vient nous sauver gratuitement, cet amour veut aussi que l’homme participe à la réparation des conséquences de son péché.

La réparation accomplie par le Christ

L’acte de réparation parfait a été accompli par le Christ, unique et parfait médiateur, sur la Croix. En portant par amour les péchés des hommes, non seulement il rachetait l’homme de son péché, mais il réparait aussi ce péché. « C’est "l’amour jusqu’à la fin" (Jn 13,1) qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d’expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ ». (CEC 616) La dimension de réparation pour les péchés n’est pas toujours prêchée. On insiste sur la Passion du Seigneur comme preuve d’amour, et à juste titre. Mais on oublie qu’il s’agit d’un acte de réparation et de satisfaction. L’idée de réparation est pourtant au cœur de la spiritualité de la Miséricorde. Dans le chapelet que Jésus révèle à sainte Faustine, la prière dite sur les grains du Notre Père va explicitement en ce sens : « Père éternel, je vous offre le Corps, le Sang, l’Ame et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, en réparation de tous nos péchés et de ceux du monde entier ». On comprend ainsi pourquoi le Christ recommande cette prière pour les agonisants et pour les âmes du purgatoire : ce sont deux situations où le besoin de réparer les conséquences du péché se fait sentir de manière pressante.

Participer à la réparation du Christ

Mais Dieu a voulu aussi que tout homme soit associé à cette œuvre de salut et de réparation. Si le Christ reste la source du salut et de toute réparation, avec Lui et en Lui, l’homme peut aussi racheter. « Je désire, Je veux le salut des âmes. Aide-Moi, Ma fille à sauver les âmes. Joins tes souffrances à Ma Passion et offre-les au Père des Cieux, pour le rachat des pécheurs ». (Petit Journal n° 1032) C’est aussi ce que dit saint Paul quand il affirme : « Je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ » (Col 1, 24). Le Christ, tête de l’Eglise, veut unir ses membres à son salut acquis par amour et par ses souffrances pour leur permettre d’unir leurs souffrances aux siennes. Par cette union, les souffrances de tout homme peuvent devenir salvifiques et réparatrices. Jésus dit ces paroles à sainte Faustine : « Il n’y a qu’un prix par lequel on rachète les âmes : c’est la souffrance unie à ma souffrance sur la croix. L’amour pur comprend ces paroles, mais l’amour charnel ne les comprendra jamais » (Petit Journal, n° 324). Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, que l’on ne peut pas accuser d’être portée au dolorisme, dit quant à elle : « L’amour ne se paie que par l’amour et les plaies de l’amour ne se guérissent que par l’amour. Offrons bien nos souffrance à Jésus pour sauver les âmes. Pauvres âmes ! Jésus veut bien faire dépendre leur salut d’un soupir de notre cœur… Quel mystère… Ne refusons rien à Jésus » (Lettre 85, à Céline).

Réparer avec le Christ, une miséricorde de la bonté du Père

Une telle affirmation semble atténuer la grandeur de la miséricorde de Dieu et limiter la perfection de l’acte d’amour rédempteur du Christ. Réclamer quelque chose en échange, n’est-ce pas aller contre la gratuité de la miséricorde qui donne sans mérite de notre part ? En réalité, Dieu nous aime d’un amour paternel, mais non paternaliste. Sans avoir besoin au sens strict de nos actes d’amour, et donc de nos actes de réparation, il veut nous donner une possibilité de réciprocité. L’amour de Dieu pour nous n’est pas simplement un amour d’un supérieur à un inférieur, d’un Dieu à sa créature, mais d’un ami à un ami, un véritable amour d’amitié. Et dans l’amitié, il y a réciprocité, chacun pouvant aimer l’autre d’une manière semblable et donner des marques d’amour. Voilà pourquoi il nous donne la possibilité de réparer par l’offrande de nos souffrances.

Offrir, c’est vouloir offrir

Ce qui plait à Dieu, ce n’est évidemment pas les souffrances en elles-mêmes, mais la confiance avec laquelle nous les vivons. Cette confiance se traduit par un acte intérieur d’offrande. Il est important de noter que cet acte intérieur d’offrande est vécu au cœur de la souffrance et qu’il n’enlève donc pas les épines qui blessent notre corps, notre sensibilité, notre psychologie. Ce serait une erreur nuisible de penser qu’offrir une souffrance se traduit nécessairement par l’atténuation de la souffrance. Une petite fille, Anne-Gabrielle Caron, morte d’un cancer en odeur de sainteté, était un jour interrogée par un prêtre qui la voyait beaucoup souffrir : « Comment fais-tu pour supporter tes souffrances ? ». « Je les offre », répond-elle. « Comment fais-tu », poursuit le prêtre, ne comprenant pas comment concilier offrande amoureuse et grande souffrance. « C’est simple, répond-elle de manière lumineuse, je dis à Dieu dans mon cœur : Je vous l’offre ». Offrir sa souffrance en réparation pour le salut du monde, ce n’est pas sentir qu’on l’offre, mais le dire, le verbaliser dans le fond de son cœur. Il ne s’agit pas d’un acte de la sensibilité - je sens que j’offre -, mais d’un acte de la volonté - je veux l’offrir. Les paroles de Jésus à sainte Faustine disent la même chose : « Tu accepteras toutes les souffrances avec amour. Ne t’afflige pas si ton cœur éprouve souvent répugnance et dégoût pour ce sacrifice. Toute sa puissance est contenue dans la volonté. Donc ces sentiments contraires non seulement ne diminuent pas ton offrande à Mes yeux, mais ils l’accroissent ». (Petit Journal n° 1767)

L’attitude face à la souffrance

Si l’on comprend cela - mais ce n’est pas facile, et il faut laisser l’Esprit-Saint purifier notre cœur et notre intelligence sur ce point - on peut avoir deux attitudes face à la souffrance.
1. Nous sommes d’abord amenés à accueillir toutes les croix qui nous données de vivre dans chacune de nos journées et de les convertir en offrande amoureuse à Dieu. Les accueillir, c’est y voir une occasion de poser un acte d’amour réparateur. Voilà pourquoi sainte Faustine, reprenant toute la sagesse des saints, peut remercier le Seigneur pour toutes les épreuves subies. « Jésus, je Vous remercie pour les petites croix quotidiennes, pour les contrariétés dans mes desseins, pour les peines de la vie commune, pour la mauvaise interprétation de mes intentions, pour les humiliations infligées par autrui, pour la manière revêche de nous traiter, pour les faux soupçons, pour ma faible santé, pour l’épuisement de mes forces, pour le sacrifice de ma propre volonté, pour l’anéantissement de moi-même, pour la désapprobation en tout, pour le dérangement de tous mes plans ». (Petit Journal n° 343)
2. Nous pouvons aussi, mais c’est une étape qui demande une purification intérieure par l’Esprit-Saint, désirer la souffrance et la chercher comme moyen privilégié d’union au sacrifice du Christ et donc de réparation. « Il n’y a que la souffrance qui puisse enfanter des âmes à Jésus », dit sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. (Lettre 129, à Céline). Aimer les âmes, c’est vouloir réparer pour elles, et c’est ainsi aimer les moyens privilégiés de réparer pour elles. C’est pour cette raison qu’on peut entendre des saints désirer la souffrance. C’est ce motif qui avait poussé saint Jean-Paul II à porter un cilice, à pouvoir dormir à même le sol certaines nuits. Si la recherche de la mortification doit être vécue dans l’humilité et l’obéissance, donc en lien étroit avec un accompagnateur spirituel, cela reste un lieu réel d’union au Christ.

Apprendre à offrir avec la Vierge Marie

Pour rentrer sur ce chemin, il faut reconnaitre avec humilité notre grande peur. Accueillir et aimer la souffrance pour l’offrir en réparation demande une mère qui nous y éduque. Sainte Faustine l’avait bien compris, qui écrivait : « O Marie, c’est aujourd’hui que le terrible glaive a pénétré Votre Sainte âme ! A part Dieu, personne ne connaît Votre souffrance. Votre âme n’est pas brisée, mais elle est courageuse, car elle est avec Jésus. Douce Vierge, unissez mon âme à Jésus, car ce n’est qu’alors que je pourrai endurer toutes les épreuves et les expériences. Et ce n’est qu’en union avec Jésus que mes petits sacrifices seront agréables à Dieu. Très douce Mère, instruisez-moi de la vie intérieure. Que le glaive des souffrances ne me brise jamais. O Vierge pure, versez en mon cœur le courage, et gardez-le ». (Petit Journal n°915)

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