Missionnaires de la miséricorde divine
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      Homélie de Mgr Dominique Rey pour les 10 ans de la communauté

Homélie de Mgr Dominique Rey pour les 10 ans de la communauté

Voici le texte de l’homélie de Mgr Dominique Rey prononcée lors de la messe des 10 ans de la Société des Missionnaires de la Miséricorde Divine qu’il a célébrée dimanche 13 septembre à Saint-François-de-Paule


Ecouter cette homélie en ligne

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit,

Au coeur de la messe dominicale que nous célébrons, nous faisons mémoire de la fondation de la société Missionnaire de la divine Miséricorde, qui œuvre ici dans cette chapelle St François de Paule, que j’ai érigée en paroisse personnelle.
L’Evangile que nous venons d’entendre n’est pas sans rapport avec le charisme que le Seigneur nous a donné d’accueillir et de déployer dans notre Eglise diocésaine.
Dans la première partie de l’Evangile, Jésus donne une leçon. Il brave le rite traditionnel du shabbat. En hébreu shabbat signifie « achever ». L’œuvre de la création s’arrête le 7ème jour, et Dieu contemple tout ce qu’Il a accompli. Mais le mot « achever », en français comme en hébreu, souligne non seulement la terminaison, mais aussi l’accomplissement. Oui, Jésus déroge aux règles habituellement pratiquées et qui le sont toujours dans la communauté israélite, selon lesquelles le jour du shabbat on cesse toute activité afin de se remémorer cette œuvre créatrice de Dieu, et qu’il convient à sa suite de contempler. En ne respectant pas cette règle traditionnelle du shabbat, Jésus, paradoxalement, nous permet d’en découvrir le sens profond. Il est l’homme du shabbat. Il est venu parachever l’œuvre de la création par sa Rédemption. En dérogeant à la traditionnelle règle du shabbat, Il en révèle ultimement le sens, la signification. Le temps de la création s’accomplit. Il prend possession du shabbat pour corriger, transformer ce qu’il y avait dans la création de défectueux, de désordonné en raison de la faute originelle, à l’image de cet homme hydropique qu’il guérit.

Dans une deuxième partie de l’Evangile, Jésus ne donne plus une leçon mais une recommandation. Il invite les siens à choisir la dernière place. « Quiconque s’élève sera abaissé, quiconque s’abaisse sera élevé ». Le conseil de Jésus porte sur l’humilité.

Ces deux dispositions que rapporte l’Evangile, l’une en lien avec le shabbat et l’autre avec l’humilité, ne sont pas sans rapport avec l’accueil d’un nouveau charisme dans la vie de l’Eglise. Tout charisme apporte quelque chose d’inédit, de dérangeant. Nous en faisons l’expérience dans le diocèse à cause de beaucoup de réalités ecclésiales nouvelles qui s’y trouvent. Tout charisme dérange, déconcerte, exprime une nouvelle manière de vivre l’Evangile et d’en témoigner. Cet accueil est sujet à critique, à scepticisme, à ironie mordante quelquefois. Ce n’est qu’après coup que l’on découvre et que l’on comprend la grâce et le prophétisme qu’il représente pour l’Eglise. Tout charisme reconnu permet d’appréhender d’une nouvelle manière et profonde le mystère de l’Eglise qui s‘y déploie.

J’applique cette réflexion à propos de la société des Missionnaires de la Miséricorde divine. A ses débuts, elle a pu rencontrer des jalousies, des réticences. Elle a pu être confrontée à des pratiques pastorales qui contrariaient les programmes pastoraux en place. Je pense en particulier vis à vis du monde musulman, mais aussi par rapport à la reconnaissance de la forme extraordinaire de la liturgie. Mais peu à peu, en vivant l’authenticité du charisme, cette réalité ecclésiale nouvelle, comme bien d’autres, nous permet aujourd’hui de dire qu’elle a trouvé sa place dans le paysage ecclésial du diocèse, et de mettre en valeur dans l’esprit conciliaire, la beauté de l’Eglise qui célèbre sa foi dans sa liturgie et qui annonce la miséricorde divine envers tous.
La deuxième réflexion porte sur l’humilité. Chaque charisme ne réinvente pas l’Eglise, mais il s’inscrit dans son histoire. L’Eglise a le charisme de tous les charismes. Aucune communauté n’est propriétaire du mystère de l’Eglise tant celui-ci la dépasse, tant celle-ci comprend et assume toutes les réalités et toutes les expressions de la Foi. Chaque communauté porte l’exigence de s’inscrire dans l’histoire et dans le Magistère de l’Eglise qui la précède, sans prétendre la réinventer ou la sauver.
L’accueil de tout charisme – et c’est l’occasion de l’anniversaire de la fondation de la société des missionnaires de la divine Miséricorde – est motif d’action de grâce pour ce que Dieu a pu faire, même si l’œuvre reste inachevée. La grâce du Seigneur a pu agir à travers nos consentements, nos disponibilités, les signes de la Providence, mais aussi nos pauvretés, et ultimement en raison de notre ferme disposition à suivre le Christ jusqu’au bout. Il y a 10 ans, ce fut le temps de la germination. Vient le temps de la fructification. Les nombreux séminaristes et vocations sacerdotales qui sont nées dans la communauté au service du diocèse, témoignent de cette vitalité et de cette fécondité. Les différentes expressions de l’apostolat depuis les camps Spes, la prise en charge du Graal, l’évangélisation des plages ou dans les rues auprès des passants et des musulmans, en sont des fruits tangibles.

Un anniversaire est aussi l’occasion, non seulement de rendre grâce, mais c’est aussi de relire le chemin parcouru. Pour ce discernement, je vous suggère quelques recommandations.

D’abord, soyez fidèle au don reçu. Un charisme est un cadeau de Dieu. Il ne nous appartient pas. Il appartient à l’Eglise. Et tout l’effort d’une communauté nouvelle, dont les statuts ont été récemment reconnus, est de se montrer fidèle à ce don, de le faire fructifier tel que Dieu nous l’a donné, de l’intérioriser, d’en comprendre toujours plus profondément la pertinence et l’intelligence pour en prendre l’exacte mesure. Tout charisme relève d’une prophétie qui nous dépasse nous-mêmes et donc, notre exercice est de prendre la mesure de la grâce qu’il représente pour le temps présent et pour la mission de l’Eglise, au cœur de la vie de notre diocèse.
Ensuite, tout charisme est donné par l’Esprit-Saint pour renouveler l’Eglise, faire redécouvrir la beauté de l’Eglise, la rafraîchir, la rajeunir, lui permettre d’être elle-même. Jamais l’Eglise n’est autant elle-même qu’à travers l’expression de ces charismes qui sont continûment donnés dans son histoire pour lui permettre de porter la mission du Christ en elle et à travers elle. Il nous faut donc compter sur l’ecclésialité du charisme, qui est le critère de la Vérité que le Seigneur nous appelle à vivre. Aimez donc l’Eglise telle qu’elle est, et pas seulement telle qu’elle a été, ou telle qu’elle pourrait être ou devrait être.

Enfin, tout charisme n’est pas une fin en soi. Il est finalisé par le service de l’évangélisation. Il est donné pour que le Christ soit annoncé à tous et à chacun, pour que le Christ rencontre chaque homme, tout homme, tout l’homme. Et aujourd’hui, dans notre société marquée par tant de relativisme qui fait le lit du fondamentalisme, par tant de fractures, par tant de replis sur soi dans lesquels se nichent l’égoïsme et le narcissisme, par tant de fractures internes même à l’Eglise, et face à un monde qui semble s’éloigner de Dieu, le charisme vécu par la société Missionnaire de la divine Miséricorde est donné à notre temps, à notre Eglise pour que la miséricorde du Seigneur puisse rencontrer les âmes, les retourner au Christ, convertir notre culture post-moderne, habitée par le doute, le mal être et la tentation de se prendre pour Dieu.
Chers frères et sœurs, soyez des icônes vivantes de la miséricorde divine ! C’est ce à quoi le pape François invite toute l’Eglise à l’occasion de la prochaine année jubilaire.

+ Dominique Rey
St François de Paule
13 septembre 2015

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