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      Homélie et discours de Mgr Pozzo lors de la visite de la communuauté

Homélie et discours de Mgr Pozzo lors de la visite de la communuauté

Mgr Pozzo a célébré la messe solennelle de 10h30 dimanche 14 novembre et prêché. Il a aussi adressé un mot aux paroissiens au restaurant.


Homélie de Monseigneur Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, pour le VIe dimanche supplémentaire après l’Épiphanie

Chers frères et sœurs,

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, le Royaume des cieux est comparé à un homme qui a semé du bon grain ou à un petit grain de sénevé. Ces phrases suffisent à nous faire comprendre que Jésus nous parle d’un Royaume des cieux qui se trouve sur la terre. Jésus décrit donc la situation de l’Église dans l’histoire.

La parabole du petit grain de sénevé qui devient vite un arbre désigne la croissance du Royaume de Dieu sur la terre. À l’origine, le Royaume était vraiment une petite graine. Il s’identifiait avec Jésus lui-même, « grain de blé tombé en terre », mais de ce grain est né un épi, un corps entier, l’Église. Celle-ci grandit, désaltérée par la Parole de Dieu, par le sang du Christ et par le témoignage des Apôtres. En peu de temps, elle devient un arbre gigantesque qui étend ses branches sur l’ensemble du monde inconnu. Comme les oiseaux, des peuples entiers viennent se poser sur ses branches ; ils reçoivent le baptême et deviennent eux-mêmes des branches de l’arbre. Nous aussi, nous faisons partie de ces oiseaux perchés sur les branches du grand arbre qui est le Royaume des cieux.

Concrètement, qu’est-ce que ce Royaume des cieux, sinon l’Église, dont le Christ est le chef et qui lui appartient ? C’est donc l’Église, où agit la force divine de l’Esprit Saint, qui prépare la venue définitive du Règne de Dieu. Elle est l’organe, l’instrument de réalisation du Règne de Dieu, le lieu où se réalise le Règne de Dieu. L’Église constitue donc le commencement et le germe du Règne de Dieu. De même que le germe tend à se développer et à grandir, ainsi l’Église tend vers la plénitude qu’elle aura à la fin des temps.

Quel est le point d’où il est possible d’avoir une vision d’ensemble sur l’Église ?

Le point d’où il est possible de regarder l’Église dans toute sa richesse, c’est l’Eucharistie. C’est dans la célébration liturgique de la Messe que, de partout, l’Église se rassemble dans la Trinité et devient le peuple de Dieu ; c’est en participant à un unique Pain qu’elle devient le corps du Christ ; c’est par la présence du sacrifice eucharistique qu’elle est le temple de Dieu ; c’est dans le banquet sacrificiel de l’Eucharistie que s’inaugure le règne de Dieu.

Pour la croissance de l’Église, la liturgie est d’une importance fondamentale. Selon l’antique maxime, « lex orandi, lex credendi », la liturgie de l’Église doit être une expression sûre de sa doctrine. La liturgie est la première expression de la catéchèse. C’est pourquoi on ne peut défendre et promouvoir la doctrine, tout en cédant sur la liturgie. Par la célébration de la Messe selon la forme extraordinaire, votre paroisse contribue à la réinsertion de la liturgie traditionnelle et des fidèles qui la suivent dans la vie du diocèse. Ce faisant, elle montre à tous les fidèles, à tout le diocèse, le trésor précieux que contient le rite antérieur de la Messe. Il est certain que les deux formes du rite romain, la forme ordinaire et la forme extraordinaire, s’enrichissent mutuellement, comme l’a déclaré le Saint-Père dans le Motu proprio Summorum Pontificum, mais il est extrêmement important de retrouver aujourd’hui la profonde unité de la liturgie, en faisant voir que la liturgie traditionnelle est une partie essentielle du patrimoine de la prière liturgique de l’Église, et qu’elle ne peut être considérée comme un vestige archéologique du passé.

À son tour, la liturgie ne doit pas être un alibi pour la paresse ou l’inertie.
Ce n’est pas par hasard que le Saint-Père a voulu, précisément au cours de ces dernières semaines, former un Dicastère spécifique de la Curie romaine pour la promotion de la nouvelle évangélisation. Toutefois, une évangélisation qui ne débouche pas sur un engagement à rechristianiser notre civilisation est destinée à rester dans une sphère lointaine et abstraite. L’annonce de l’Évangile aux hommes de notre temps, qui caractérise particulièrement les efforts de la Fraternité de la Divine Miséricorde avec les missions dans les rues de la ville, avec les processions et les dévotions religieuses populaires, doit se traduire par un engagement de rechristianisation de la vie culturelle, sociale et civile de notre temps.

Comment passer à l’acte ?
À travers l’apostolat du témoignage, de la parole et des œuvres. Un apostolat clair et précis, charitable et miséricordieux, sans agressivité, mais mené avec courage et fermeté.

Nous sommes appelés à aller dans le monde, mais sans relativiser la doctrine, ni désacraliser la liturgie, ni abaisser la religion au niveau de l’homme. L’homme attend que l’Église lui montre la Vérité sans équivoque, le remette en communion avec le Sacré, autrement dit élève son âme vers Dieu. Bien des gens ont tourné le dos à une Église qui ne répond plus aux attentes profondes de l’esprit humain, et certains se sont repliés dans le matérialisme d’une consommation sans espérance, tandis que d’autres se réfugiaient dans l’ambiance chaleureuse des sectes.

Où est le remède à tout cela ?
Il faut faire le contraire de ce qui a souvent été fait au cours de ces dernières décennies. L’Église doit retrouver le sens du Sacré et du Surnaturel, et, sans se contenter de dialoguer, recommencer à enseigner sans fausse honte l’intégrité de la Vérité qui lui a été confiée, avec la conscience de ce que disait sainte Thérèse d’Avila : Solo Dios basta (Dieu seul suffit).

Chers amis, renouvelons notre consécration au Cœur Immaculé de Marie, Vierge Très Sainte, Mère de la Miséricorde, pour qu’à son intercession le Seigneur fasse grandir notre foi, fortifie notre espérance et nourrisse notre amour de Dieu et de nos frères. Amen.

Allocution de Monseigneur Guido Pozzo, à l’issue de la messe


Chers amis,

Son Excellence Monseigneur Dominique Rey, votre évêque, a eu la délicate attention de me ménager ce moment d’entretien avec vous, et je l’en remercie vivement, car je suis très heureux de vous rencontrer.

Comme vous le savez, notre Pape Benoît XVI, que j’ai eu le privilège de servir pendant dix-huit ans, de 1987 à 2005, quand il était Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, m’a confié la mission d’être le Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, chargée à la fois de mener des entretiens doctrinaux avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et de veiller sur l’application du motu proprio Summorum Pontificum. A ce titre, je suis particulièrement attentif à ce que vous faites ici, sous l’impulsion de monseigneur Rey et de monsieur l’Abbé Loiseau, car je pense que vous pouvez avoir une action exemplaire pour bien des paroisses de votre pays.

En effet, vous l’avez compris, en publiant son motu proprio Summorum Pontificum le 7 juillet 2007, le Pape n’a nullement voulu revenir sur la réforme liturgique opérée en 1969, qui s’est traduite par la parution du Missel dit de Paul VI en 1970. Je voudrais donc être clair et rassurant sur ce point, si besoin était.
Ce qu’il a voulu, c’est, de manière très déterminée, ne pas laisser une liturgie pluri-séculaire et éminemment vénérable, faire naufrage dans le tourbillon des nouveautés et disparaître à jamais, avec les trésors qu’elle véhicule depuis tant d’années. C’est pourquoi le Pape a bien défini que la forme ordinaire et la forme extraordinaire de l’unique rite romain étaient deux formes d’égale dignité et qu’il fallait à tout prix éviter de penser comme concurrentes des formes qui sont complémentaires et susceptibles de s’enrichir mutuellement.
Jamais le sacrement de l’unité ne doit devenir l’occasion ou le prétexte de divisions. C’est précisément dans votre pays que le Saint-Père a choisi de dire, voici deux ans, qu’il fallait que « la tunique sans couture du Christ ne se déchire pas davantage ». Et il ajoutait : « Nul n’est de trop dans l’Église. Chacun, sans exception, doit pouvoir s’y sentir chez lui, et jamais rejeté » (Allocution aux évêques réunis à Lourdes, 14 septembre 2008).

C’est bien pourquoi je désire saluer avec admiration et reconnaissance ce que vous faites ici, à Toulon, dans un véritable esprit de paix et d’amour évangéliques. À la paroisse Saint-François-de-Paule, vous avez la chance de côtoyer chaque jour des apôtres du Christ qui donnent leur vie pour faire comprendre que la divine Miséricorde est plus forte que tout : aidez-les de votre prière et de votre action. Comme vous le disait, voici deux ans, le Cardinal Castrillón Hoyos en citant le Pape Jean Paul II : « Notre monde, blessé par les structures de péché, a besoin de l’annonce de la Miséricorde Divine, comme ultime rempart à la progression du mal ».

Bon apostolat à tous, sous la houlette de votre pasteur !

Je vous remercie de votre attention.

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