Missionnaires de la miséricorde divine
https://misericordedivine.fr/Moise-dans-l-islam

Moïse dans l’islam

topo 18 mars 2013


L’ENJEU de cet exposé est la vision du prophète, considéré dans l’Islam comme un messager dont le rôle est passif, et dans la tradition judéo-chrétienne, comme celui qui a personnellement une relation à Dieu. Dans la vision de l’Islam, on ne trouve ainsi ni le principe de l’inspiration, ni celui de la réflexion rationnelle. Tout le Coran est déconnecté du temps et de l’espace, on n’y retrouve plus aucun ordre chronologique.
Dans l’Islam, la Révélation de Dieu se fait dès les débuts de l’humanité, par un pacte. Elle n’est pas progressive. Jésus-Christ est un prophète comme un autre, qui a reçu l’Evangile pour le peuple juif, via Gabriel. Il pourrait correspondre à notre Jean-Baptiste.
Le prophète Muhammad, au contraire, est l’aboutissement de cette succession de prophètes. Lui seul a une MISSION UNIVERSELLE, quand la mission des autres s’adressait uniquement à une nation.
Pour MOÏSE (ou MOUSSA en arabe) cependant, on constate un début d’universalisation. Dans la conception de l’Islam, il serait impensable que son message s’adresse uniquement à un peuple, alors que pour nous, le rôle de Moïse concerne surtout le peuple juif.

DIFFERENCES AVEC LE TEXTE BIBLIQUE :
SOURATE 7 ; versets 103 et suivants
MOÏSE apparait comme l’homme de l’adoration du Dieu unique face au païen Pharaon. Dans la Bible, on avait des aspects de libération seulement : Moïse demande de laisser le peuple partir, d’abord simplement pour prier : son rôle est donc liturgique. Il n’y a pas de discussion de foi, essai de conversion du Pharaon, perspective différente du Coran. // Ex. 3.
Ce récit du bâton qui se transforme en serpent donne l’impression que l’auteur a entendu l’histoire et la répète sans tous les détails présents de la Bible. On y trouve ainsi des éléments anachroniques comme la crucifixion, supplice romain qui n’existait pas encore. Par ailleurs, Pharaon ordonne de tuer tous les garçons en bas âge, alors que cela se produit au moment de la naissance de Moïse. Les sept années de famine correspondent quant à elles à l’enfance de Joseph. Et au lieu des dix plaies d’Egypte on en trouve plus que cinq. Tous ces éléments confirment la présence d’un autre texte, antérieur et plus complet.
Plus important, les Egyptiens sont engloutis directement dans la mer, et il n’y a pas de Pâque, évènement fondamental de tout l’Ancien Testament : c’est en effet le moment du sacrifice de l’Agneau, vidé de son sang, avec lequel on trace une croix sur les portes, agneau qui est mangé tout entier avec du pain et du vin.
On trouve également de nombreuses confusions entre Moïse et son frère, AARON.

LE LIEN AVEC LA TRADITION JUDEO-CHRETIENNE :
On peut étudier dans ce sens 2 talmuds en particulier : celui de Babylone, vers le 7e ou le 8e siècle après JC, et celui de Jérusalem, vers le 4e : ces talmud, commentaires rabbiniques de la Bible rédigés après la naissance du Christ, constituent surtout une histoire du judaïsme, et deviennent rapidement très anti-chrétien : dans le Talmud de Jérusalem, Marie est ainsi présentée comme une prostituée.
On reconnait dans de nombreux extraits l’influence de la Torah et du Talmud sur le Coran. L’anecdote du refus par Moïse du sein de toute les autres nourrices que sa mère, présentée dans le Coran, est en effet retrouvée dans un récit talmudique.
Sourate.28 ; verset 6 référence à Haman, du livre d’Esther : mais ce personnage ne correspond pas du tout à la même période : il se situe environ 1000 ans plus tard : en Egypte, à l’époque de l’Empire des Perses et des Mèdes. Haman et Pharaon sont finalement présentés comme deux grands ennemis de l’Islam, mais pas du tout la même époque : Haman vit plutôt à l’époque de la tour de Babel.
Sourate 66 : Histoire de la femme de Pharaon, qui prie pour être libérée de son mari. // Suzanne contre Daniel dans la Bible.

CONCLUSION.
Aucun sens historique : le Coran n’est qu’un faible écho de l’Histoire de la Bible, plus profonde et plus riche, dans l’Histoire du peuple juif qu’elle rapporte. Muhammad cependant ne reconnait pas l’élection du peuple juif, faite pour le salut de l’humanité. En présentant un salut destiné à tous dès le début, il marque une différence importante dans la présentation de la pédagogie divine, qui s’ouvre à l’humanité toute entière dans un second temps seulement dans le Nouveau Testament.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Dans l'Eglise

Eglise catholique du Var

Eglise de France