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        Topo de l’abbé (19 novembre)...

Topo de l’abbé (19 novembre)...

... pour ceux qui n’ont pas pu venir, ou qui voudraient tout simplement se rafraîchir la mémoire !


Ce topo marque l’ouverture d’un cycle de conférence sur l’Islam, dont le but est de parvenir à la possession de quelques outils pour avoir un esprit missionnaire, c’est-à-dire pouvoir annoncer le Christ en connaissant les différences qui existent. Nous avons un devoir de l’annonce : Jésus-Christ est mort pour tous les hommes, Il nous a révélé un message d’amour qui est universel, parce qu’il n’y a qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur. L’annonce aux croyants des autres religions n’est pas terminée, comme le montrent certains documents du Concile et des années qui l’ont suivi. Or cette annonce aux musulmans est particulièrement délicate, parce qu’il y a dernière nous 1500 ans de confrontation.

Quelques points fondamentaux de différence avec le Christianisme :

La parole incréée

C’est LE dogme fondamental pour la plupart des musulmans. Que signifie cette expression de « parole incréée » ? Qu’à partir des premières révélations de la Mecque, que Mohamad a eu par l’ange Jilbril, il s’agit d’une parole qui vient d’Allah et qui est transmise par l’ange. Mohamad n’est qu’un intermédiaire, qui ne joue pas dans l’interprétation du texte. Des réformateurs existent, qui pensent qu’on peut interpréter le texte, mais ils sont grandement minoritaires, et la plupart considèrent que cette parole incréée a été transmise aux hommes pour qu’ils comprennent l’immensité de Dieu. Un exemplaire du Coran se trouve au Ciel. La seule attitude que doit avoir un musulman est la soumission par rapport à Dieu tout-puissant, dont la volonté s’exprime par cette parole. Il n’existe pas en Islam de métaphysique de la pensée de Dieu, de l’être même de Dieu : on comprend l’être même de Dieu non avec un raisonnement, mais par la révélation : je ne suis pas intéressé d’abord par la compréhension de ce qu’est Dieu, mais seulement par sa volonté, qui est absolument essentielle, et s’est manifestée plus particulièrement à travers le Coran et les 5 piliers de l’Islam.

Les 5 piliers de l’Islam :

La profession de foi : la Chahada : « Allah est grand, il n’y a pas d’autre Dieu d’Allah, et Mohamad est son prophète ». Dogme fondamental de l’unicité de Dieu. Il suffit de prononcer 3 fois la Chahada devant un témoin pour être musulman. On rentre donc très facilement dans l’Ouma, la communauté musulmane, mais beaucoup plus compliqué d’en sortir.
- La prière : 5 par jour
- L’aumône
- Le pèlerinage à la Mecque
- Le jeûne, avec l’observation du mois du Ramadan
- dans beaucoup de courants musulmans, dont les salafistes, il existe un cinquième pilier, le Jihad : la Guerre Sainte, interprétée de plusieurs façons, ou comme guerre spirituelle contre ses péchés, ou comme guerre de conversion, pour transformer le monde en Dar al-Islam : terre de l’Islam : monde séparé entre la terre en préparation, en devenir islamiste, et la terre islamiste.

Autres caractéristiques

- Insistance sur la transcendance de Dieu
- Insistance sur le fait qu’il s’agit d’une religion du livre, ce n’est pas le cas du christianisme, qui est une religion de la personne.
- Place du ritualisme très importante
- Appel à la raison et à la contemplation n’est pas quelque chose d’abord d’essentiel : ce qui est essentiel est de découvrir la volonté d’Allah.
- Dimension internationale avec l’Ouma

La morale musulmane :

Pour les hommes en tous cas, elle est assez relative : insistance forte sur la purification physique, dans laquelle on retrouve de nombreuses prescriptions du Lévitique. Ces codes religieux font revenir à une vision de l’Ancien Testament où la place de la purification est essentielle, alors que Jésus est venu nous dire que c’est la pureté du cœur qui compte. On ne peut pas dire que le Judaïsme soit dans ses doctrines comme l’Islam, parce que les observations de la loi doivent être centrées par « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Toutes les phrases de Jésus sur l’amour sont déjà dans l’Ancien Testament, où Dieu dit clairement qu’Il n’a que faire des sacrifices.
Morale qui peut plaire et séduire parce que :
- Insistance très forte sur le ritualisme, toujours plus simple à faire qu’une véritable conversion intérieure. Les rites sont importants, mais le rite doit exister pour être le signe d’une réalité plus grande, il doit nous amener à une conversion.
- Morale qui peut flatter les sens, et la nature humaine, parce qu’on flatte à la fois, surtout chez l’homme, la violence et la concupiscence : l’irascible et le concupiscible chez Saint Thomas, Eros et Thanatos chez Freud. C’est dans ce sens qu’un imam disait un jour honnêtement à un prêtre : « Vous les chrétiens vous êtes en fin de compte des romantiques, des idéalistes : vous voulez le mariage monogame, la fidélité, la paix, mais ça ne marche pas, les maris trompent leurs femmes, les prêtres ont des relations sexuelles cachées, donc votre sexualité ne marche pas, et vous êtes en train de perdre votre virilité, vous serez remplis d’homosexuels. » Et pour eux, la société actuelle est le fruit du christianisme et d’une décadence totale.
Eux estiment avoir pris l’homme où il en est :
- La polygamie : qu’un homme ait 4 femmes lui permet normalement de ne pas avoir de maîtresses...
- Laxisme sur la sexualité, et notamment la manière de vivre la chasteté avant le mariage, qui est un péché grave dans le Coran, mais qui est considéré avec largesse de vue, pour les hommes en tout cas. Libéralisme qui flatte les sens.
- Violence : jihad : les musulmans estiment ainsi savoir prendre en compte la réalité de cette violence en l’homme.
En réalité, cette morale ne correspond pas à l’homme, mais à ses aspects dévoyés, qui y sont cultivés. Les chrétiens ne sont pas toujours à la hauteur de la morale évangélique, mais des millions d’hommes ont trouvé l’amour dans ce chemin de chasteté depuis des millénaires. L’histoire de l’unité conjugale apparait aux musulmans comme une vision romantique des chrétiens, mais l’amour que l’on peut mettre en avant dans l’Islam flatte en réalité moins la beauté de la femme que les sens.
Paix : les chrétiens essaient toujours de la rechercher, même si on sait qu’elle ne sera jamais totale, parce que l’homme reste attiré par le péché originel.

Parallèles avec le christianisme :

Croyance sur l’unité d’Allah : les chrétiens sont vus comme des associationnistes, qui ont associé quelque chose d’humain à Dieu. Dieu est unique, et ne peut donc pas être 3, comme le condamne le Coran : Dieu ne peut pas être à la fois le Père, le Fils et Marie(!). Pour les musulmans, cette trinité est un blasphème, et nous sommes des polythéistes.
Islam se fonde sur beaucoup de récits bibliques : ceux-ci viennent des premières communautés chrétiennes, et surtout des apocryphes, notamment de l’évangile de Thomas. Hypothèse en cours d’étude : l’Islam aurait comme origine une secte judéo-nazaréenne, influence chrétienne qu’ils reconnaissent eux-mêmes : déclarent que la Bible a été déformée, et qu’ils ont la vraie religion parce qu’ils arrivent en troisièmes : dans le plan de Dieu, l’Islam a commencé depuis la Création, depuis Adam. Les Juifs ont réellement reçu cette révélation, mais la vraie Torah a été perdue. Ensuite les Chrétiens, avec plusieurs prophètes dont Issah, le principal : Jésus, qui est un vrai prophète, l’avant-dernier.
Le judaïsme et le christianisme st donc des préparations à l’islam, qui est la troisième et la vraie religion. Pour le démontrer, les musulmans prennent ce que dit l’Evangile de Jean sur le Paraclet pour dire que ce passage annonce Mohamad : en effet Jésus quand il parle du Saint-Esprit dit en grec Paracletos, le consolateur, or, en grec, paraclitos signifie le loué, qui est un des termes qui désignent le prophète Mohamad. Une étude a été faite qui montre que ce n’est pas le même terme, mais ils ne veulent pas le reconnaitre, et considèrent donc que le Christ annonce la venue de Mohamad.
Les chrétiens ont donc tout déformé, sous influence de Paul, détesté par les musulmans, et de Constantin, qui ont voulu diviniser Jésus : pour eux, cela constitue un grand scandale. malgré ce refus de la divinité du Christ, ils considèrent que Jésus prophète n’est pas mort sur la croix, parce qu’il s’agissait d’un homme fort, qui ne se serait pas laissé humilier comme ça. C’est donc Judas qui a été crucifié à sa place, affirment certains Hadiths = faits et gestes du prophète. Jésus est monté au Ciel avec son corps, et reviendra à la fin des temps pour se marier. Jésus n’est donc pas Fils de Dieu, il est le Messie d’Israël, celui qui annonce Mohamad, l’avant-dernier prophète, et reviendra à la fin des temps pour combattre l’antéchrist, après le Mahdi, espèce de grand imam qui vient combattre lui-aussi l’antéchrist. Il existe donc dans l’Islam un grand respect pour Jésus, fils de Marie, vierge qui est confondue avec Myriam, la sœur d’Aaron et de Moïse.
L’image de la Croix est choquante pour eux, car Dieu est forcément tout-puissant, et cette représentation sous une forme humaine et dans une posture d’humiliation totale est scandaleuse. En évangélisation, nous avons donc à leur faire comprendre, même si c’est très dur, combien Dieu est amour. Selon eux, dire que Jésus est Fils de Dieu et qu’il est mort sur la Croix, c’est de l’associationnisme et c’est un blasphème. Dieu n’est pas amour, et pour 98% des musulmans il n’y a pas d’amour pour Dieu, sauf chez les musulmans Soufis.

La création dans l’Islam

On ne peut pas annoncer l’évangile à des adeptes d’une autre religion sans comprendre vraiment leur univers et ce à quoi ils croient. Dans le Coran, le vocable « création »/ « créé » apparait plus de 100 fois : la puissance de Dieu passe aussi par la Création.
On y présente tout d’abord la création du ciel et des étoiles, puis des animaux par couples, des hommes et des 7 cieux et 7 enfers, retrouvés dans une certaine littérature chrétienne, aux VIe et VIIe. Dieu a créé avec mesure et non par amusement, en six jours. Il n’est pas éreinté par ce travail, et procèdera donc à la fin du monde à une seconde création, par la résurrection des morts. Il considère ainsi que le Livre de la Genèse est à prendre au premier degré, alors que le Shabbat est en réalité l’occasion pour Dieu de prendre du recul sur sa création.
La création et le commandement n’appartiennent qu’à Dieu.
L’homme masculin est créé à partir de la boue (sourate 6, 2), ou d’une eau répandue (s. 86), ou enfin à partir d’une goutte de sperme (16, 4). Il l’a créé inquiet et craintif (70, 19), faible (4, 28), et même ignorant (33, 62).
Or, Dieu crée l’homme avec les dons préternaturels, c’est-à-dire surnaturels dans leur origine et naturels dans leur exécution :
La science infuse,
L’impassibilité : l’homme ne souffre pas,
L’immortalité
L’intégrité = maîtrise totale de soi-même, l’homme ne se met jamais en colère.
L’homme et la femme sont donc créés dans un état de justice et de bonté, homme ne connait pas le mal et la souffrance. Une des raisons de l’athéisme aujourd’hui est la présence du mal dans le monde, de l’injustice, et la question de la souffrance de l’innocent doit être vraiment pesée dans l’évangélisation, mais quoiqu’il en soit Dieu ne crée pas le mal.
La vision musulmane n’est pas du tout la même : l’humanité ne commence pas avec un homme créé dans une certaine sainteté et justice : dès le départ, l’homme est inquiet, craintif, dans une soumission à Dieu non d’amour mais de crainte, sans rapport avec le Livre de la Genèse où il parle à Dieu le soir dans le jardin.
La femme est créée à partir de l’homme, mais à un rang inférieur. « Quant à elles, elles ont des droits équivalents à leur obligation, conformément à la bienséance mais les hommes ont cependant une prédominance sur elles, et Allah et grand et sage » : prédominance quant à la nature des hommes sur les femmes (2, 282 et 4, 34). Il n‘est pas obligatoire pour la femme d’aller à la mosquée, il n’existe pas de docteur féminin : la spiritualité de la femme n’est vécue qu’en privé, à la maison. Chez les catholiques, les femmes sont égales devant Dieu aux hommes, vont autant au paradis.
Dans toute cette création, il y a des signes qui donnent matière à réflexion pour ceux qui sont doués de matière ou d’intelligence. En effet, « l’être humain a été créé pour adorer Dieu, être soumis à sa loi et accomplir son œuvre dans tout l’univers, tels st sa finalité et sa mission » (Sourate 2, 21). Il n’a pas créé pour l’aimer.
« Outre l’homme, Dieu a créé à partir du feu les djinns, à qui sont attribués les actions soit malfaisantes soit bienfaisantes » : esprits. Ils sont une forme de génie, même si le terme n’est pas exact. Les différentes communautés musulmanes n’ont pas à leur sujet la même théologie. Pour certains, les anges sont des djinns, pour d’autres non. Ils sont très populaires. Les djinns mauvais sont présents partout, surtout dans les égouts ou dans les coins sombres. Ils ont été créés mauvais : Dieu est tout puissant dans sa création, il est à l’origine de tout, y compris du mal. Mais Iblis, par exemple, Satan, a été soumis à une épreuve : il a dû se mettre à genoux devant Adam. On peut voir là un lien avec la Tradition catholique : Dieu a révélé à Lucifer qu’Il se ferait homme, et cette révélation serait à l’origine de la faute de Satan, qui refuse de servir un homme. Les bons djinns sont comme des anges gardiens, ils peuvent guider les hommes.
L’histoire des hommes n’apporte plus grand-chose après cette création. Les jeux sont faits : le mektoub est le décret par lequel Dieu décide de toute éternité ce qu’il faut pour chaque homme, et par là crée un destin pour chaque homme et ange On peut le comparer à un DVD qui serait lancé, il ne reste plus qu’à dérouler le film. Nous ne vivons que l’accomplissement du décret d’Allah. Sorte de fatalisme devant la puissance des évènements. Chez les chrétiens, il y a un rôle de la Providence, mais aussi surtout de la liberté : se battre contre les forces de la nature est un réflexe de survie encouragé par la théologie chrétienne. Leur relation à la nature est aussi moins marquée par l’idée de domestication.
L’homme est bien le centre de la création : tout est créé pour lui. Dieu lui confie la gérance de cet univers créé, il en est le représentant, le sous-lieutenant : karayip (Sourate 2, 30). L’homme peut quand même organiser cette nature, mais dans le respect de la volonté d’Allah qui a déjà tout décidé.
La vie future correspondra à un nouvel univers, où chacun sera définitivement ou au ciel ou en enfer. Mais cette perspective de la seconde création ne fournit rien de plus à la première création, c’est juste une espérance qui ne change pas la valeur de la première création. Dieu reste extérieur au monde, il n’en a pas besoin, il est tout-puissant et se suffit à lui-même, il laisse l’humanité se débattre seule. Pour eux, nous avons beaucoup trop créé notre destin à celui de Dieu, alors qu’il faut maintenir cette toute-puissance de Dieu, qui est tellement loin de l’humanité qui se débat dans ses péchés. La distance est donc immense entre Dieu et l’humanité.

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