Abbé Loiseau en mission

Depuis sa fondation, notre communauté souhaite faire grandir l’esprit missionnaire des fidèles qui lui sont confiés, afin de répondre à l’appel de saint Jean-Paul II pour une nouvelle évangélisation et à celui du pape François d’aller vers les périphéries pour annoncer le salut.

Accroître chaque jour le zèle missionnaire
Mais cet esprit missionnaire rencontre des obstacles : paresse, respect humain, manque d’arguments, bonne conscience que d’autres s’en chargeront bien, conviction que notre action ne changera rien… Pour que notre cœur ne s’affadisse pas tel le sel de l’Évangile (cf. Mt 5, 13), il faut lutter régulièrement et nourrir ce désir missionnaire en méditant trois vérités :

1. Le Christ appelle explicitement à évangéliser ceux qui ne le connaissent pas encore : « Allez, enseignez toutes les nations » (Mt 28, 19). Il ne pose aucune limite en disant par exemple : tous sauf ceux-ci, car ils sont sauvés de toute manière ; ou alors sauf ceux-là, car leur culture est riche et n’a rien à recevoir du christianisme ; ou encore sauf ceux de telle religion, car de toute manière c’est impossible. Il dit bien : toutes les nations.

2. La mission est une question de salut éternel. Le salut des âmes n’est plus du tout au cœur des préoccupations de l’homme contemporain ni même parfois des pasteurs de l’Église. L’Évangile est pourtant clair : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). Ce souci du salut des âmes a été un des moteurs de l’élan missionnaire vers les pays nouvellement découverts à partir du XVe siècle.

3. L’envie d’évangéliser doit venir enfin d’une soif de partager la beauté du christianisme, à savoir l’intimité que Dieu nous propose par sa grâce : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous ferons chez lui notre demeure » (Jn 14, 23). Si nous sommes vraiment conscients de ce trésor – et si nous l’entretenons par l’oraison, ce qui nous rappelle la nécessité de ce cœur à cœur avec Dieu – alors nous ne pouvons pas ne pas avoir envie d’en parler.

Pour une « spiritualité missionnaire »
Il s’agit donc, selon les termes de saint Jean-Paul II dans Redemptoris missio (n. 87), de rentrer dans une spiritualité missionnaire dont voici les traits :

1. Pas de sainteté sans mission ni de mission sans sainteté
La sainteté chrétienne ne peut pas se passer du désir de transmettre sa foi. « La vocation universelle à la sainteté est étroitement liée à la vocation universelle à la mission : tout fidèle est appelé à la sainteté et à la mission. […] La spiritualité missionnaire de l’Église est un chemin vers la sainteté », dit saint Jean-Paul II (RM 90). Si je désire être renouvelé dans mon désir de sainteté, je dois aussi être renouvelé dans mon désir de mission.

2. Évangéliser, c’est témoigner des merveilles de Dieu
La mission est quelque chose de simple. On entend souvent qu’il faut être très formé pour être missionnaire. C’est vrai, mais combien utilisent ce prétexte pour ne jamais témoigner de leur foi ? Être missionnaire consiste à témoigner de l’amour de Dieu pour tout homme. Ce fut le premier effet de l’effusion de l’Esprit-Saint sur les Apôtres à la Pentecôte : ils se mirent à « proclamer les merveilles de Dieu » (Ac 2, 11).

3. Évangéliser par l’exemple autant que par la parole
L’annonce explicite de la foi est nécessaire. Mais elle doit s’accompagner du témoignage de notre vie. « On est missionnaire avant tout par ce que l’on est, en tant que membre de l’Église qui vit profondément l’unité dans l’amour, avant de l’être par ce que l’on dit ou par ce que l’on fait » (RM 23), dit saint Jean-Paul II, et il remarque : « L’homme contemporain croit plus les témoins que les maîtres » (RM 42). Si mes paroles portent peu, n’est-ce pas parce que je ne suis pas assez saint ?

4. Ne pas avoir peur de la pauvreté des moyens
L’état de notre pays et de l’Église peut pousser au défaitisme. Comment lutter contre l’esprit du monde qui dé-tourne de la foi ? Comment ne pas se décourager quand on a si peu de moyens ? Saint Jean-Paul II souligne l’élan missionnaire des premières communautés chrétiennes. « Malgré la pauvreté des moyens de transport et de communication d’alors, dit-il, l’annonce de l’Évangile a atteint en peu de temps les limites du monde. Et il s’agissait de la religion d’un Homme mort en croix, « scandale pour les juifs et folie pour les païens » » (RM 90). C’est dans la pauvreté que la puissance de l’Esprit-Saint se déploie.
Le monde a besoin du salut offert par le Christ et de l’Église qui le transmet. Le monde a donc besoin que tous les baptisés, laïcs, consacrés et prêtres, entrent dans cette spiritualité missionnaire. Et il y a urgence !

 

Abbé Jean-Raphaël Dubrule

Publié dans , le 11 avril 2020

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