L e carême dans lequel nous sommes rentrés est un temps de conversion donc d’accueil de la miséricorde. Mais cela implique la reconnaissance de notre péché. « L’accueil de sa miséricorde réclame l’aveu de nos fautes », dit le Catéchisme de l’Église (CEC 1847). Et il poursuit : « Pour faire son œuvre, la grâce doit découvrir le péché pour convertir notre cœur et nous conférer “la justice pour la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur” (Rm 5, 21). Tel un médecin qui sonde la plaie avant de la panser, Dieu, par sa Parole et par son Esprit, projette une lumière vive sur le péché » (CEC 1848).
Les termes utilisés : « réclame l’aveu », « doit découvrir » soulignent qu’il s’agit d’une nécessité absolue. Et saint Jean-Paul II se faisait l’écho d’une parole forte du pape Pie XII : « Le péché de ce siècle est la perte du sens du péché » (Reconciliatio et paenitentia, n. 18).
Pour nous orienter vers la célébration de la Rédemption lors des jours saints, la liturgie de l’Église entraîne à la pénitence tout en nous appelant à déchirer nos cœurs plus que nos vêtements. Il ne s’agit nullement de sous-estimer la place de l’ascèse, malheureusement trop délaissée ces dernières décennies et qui retrouve peu à peu toute sa place, car nous sommes corps et âme et avons besoin de joindre une ascèse physique à la conversion intérieure. Mais il faut bien veiller à viser l’effort le plus important, à savoir l’acte d’humilité qui reconnaît son péché, sa responsabilité et sa gravité.
Pour que notre monde contemporain retrouve le sens du péché, il faut commencer par son propre cœur. « Toute âme qui s’élève, élève le monde », disait Élisabeth Leseur. Toute personne qui admet humblement que la première personne qui a besoin de confesser son péché c’est elle-même, emporte toute l’Église dans ce même mouvement.
Que ce carême 2026 puisse nous faire progresser dans cette attitude.
Abbé Jean-Raphaël Dubrule +


