Dans un contexte de crise profonde du système de santé, le projet de loi sur la légalisation de l’euthanasie interroge radicalement notre rapport à la vie et au soin. Face à cette évolution, une question se pose avec acuité : pourquoi les soignants catholiques semblent-ils si peu présents dans le débat et dans l’organisation concrète d’alternatives ? Entre constat critique et appel à l’action, cet article invite à repenser l’engagement des soignants catholiques au sein des structures de santé.
L a France s’enlise toujours plus dans un marasme médical sans précédent. La fermeture de lits ne suffisant plus, on nous propose l’euthanasie, qui est l’aboutissement logique d’une culture de mort instituée depuis 1975.
Paradoxalement, les soignants qui se revendiquent catholiques semblent peu réagir. Comment se fait-il qu’il existe si peu de structures de soins catholiques ? Comment se fait-il qu’en un siècle les congrégations soignantes aient été rayées de la carte, sur notre doux sol de France ? Le contexte actuel l’explique en grande partie. Le nombre de coups qu’il faut encaisser pour simplement garder la tête hors de l’eau est déjà très dissuasif. À plus forte raison l’est-il lorsqu’il s’agit de se battre pour renverser la vapeur. Mais ne manquons-nous pas d’audace et de magnanimité ? Ne manquons-nous pas de combativité ?
Nous avons en face de nous des gens méthodiques, déterminés, qui travaillent d’arrache-pied non seulement pour que le cœur français s’éprenne de Dame euthanasie, mais aussi pour que, une fois le mariage consommé, le divorce devienne impossible. Face à cela, on se contente de participer seulement à des conférences qui dénoncent une telle imposture, sans donner de notre personne pour la détruire effectivement. Se donner du mal, c’est préparer l’avenir concret de soins véritablement éthiques en France avec des structures de soins qui tiennent la route. « Impossible ! » me direz-vous. Prenons les paris.
De même que la présence des moines précède toujours celle des murs du monastère, c’est la présence d’équipes animées d’un même but qui précédera celle de vrais hôpitaux ; nous explorons une piste, la fraternité de soignants, comme il en existe déjà, mais trop peu. Nous en avons lancé deux à Lyon cette année, mêlant étudiants et professionnels, qui se retrouvent une fois par mois, pour échanger, prier, et préparer l’avenir, dans un véritable esprit de famille. Affaire à suivre !
Par l’abbé Thibaud Perruchot


